Le registre de délibération du conseil municipal de Guissény dresse le constat d’un naufrage dans la baie de Trésséni le 1er mars 1814.

Le bateau et son chargement

Aujourd’hui premier mars mil huit cent quatorze est comparu le sieur Mathurin de Moy, commandant du chasse-marée Eulalie, de l’Aberildut, du port de dix tonneaux 68 / 94e , déclare venir de Brest et être chargé suivant deux acquit à caution et un passavant à destination de Pontusval, portant . le premier acquit n° 1er en date du 11 février 1814, dix mille kilogrammes de sel, allant par suite d’un trépas, . le deuxième acquit à caution n° 33 en date du onze février 1814 portant seize barriques de vin contenant trente six hectolitres quarante huit litres, tous deux signés Saint Géran . le passe avant n° 135 portant deux barriques de vin en date du 11 février 1814, signé Guereaux.

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Les premiers ennuis

Le dit Mathurin de Moy déclare qu’il est parti de Brest le douze février 1814, les vents au Nord dé ; le même jour, ils ont relâché à Berthom avec le capitaine Marzin qui alors commande ledit bâtiment.

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Le treize, ils ont appareillé à six heures du matin pour faire route pour l’Aberildut où ils font entrée dans la rade dudit lieu à neuf heures du soir, où ils sont restés jusqu’au dix huit dudit mois, dont ils sont partis à six heures du matin, les vents au Nord dé pour faire route pour Portsal où ils sont arrivés à quatre heures du soir le vingt dudit mois, le capitaine Marzin ayant voulu porter secours à un bateau pescheur s’étant embarqué dans son canot qui a chaviré, ledit capitaine Marzin a le malheur de se noyer dans la rade de Portsal sur les dix heures du matin, ledit chassse-marée a resté dans cette rade jusqu’au vingt sept dudit mois.

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L’arrivée à Guissény

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Le vingt huit, les vens de la partie du nord norois, avons fait route pour Guissény, sur les huit heures du matin, où nous avons mouillés sur la rade dudit Guissény environ les trois heurs après midy, où étant le navire ayant ses ancres dehors, le bâtiment à frapé à plusieurs reprises et à soufert, dont nous n’avons put quitter la pompe, nous avons sur les onze heures du soir dû fair lever les encres. La mer étant très agitée nous a jeté dans le port avec force, où le bâtiment à touché sur une roche où le navire à coulé à fond, où moy capitaine et mon mousse n’ont eu que le temps de nous sauver dans notre canote ; pour cette accident, le sel se trouve coulé, le navire étant maintenant au fond de la mer.

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Ce que de tous cy dessus et de l’autre part, je déclare sincère et véritable ainsi que mon mousse nommé Michel Guioc qui déclare ne savoir signer, le capitaine a signé.

Mathurin demoy