« Chroniques ».

Les bulletins : « Chronique de Guissény »

Spered Bro Gwiseni publie un bulletin d’informations : « La chronique de Guissény », à raison de 4 numéros par an, diffusé chaque trimestre auprès des abonnés.

  • Pour fêter les 25 ans, l’association a édité un numéro 100 spécial sur le thème de l’agriculture à partir d’un dossier préparé par trois agriculteurs de Guissény, montrant l’évolution de l’agriculture à Guissény des années 1950 à nos jours.

  • Le numéro 101 est paru à la fin du mois de septembre 2015 :

Le sommaire de ce bulletin est le suivant : . Editorial du président (Jean F. Couchouron) . 100 ans de robes de baptême en Léon (exposition de juillet 2015, Maryvonne Couchouron) . Les relevailles (Anne Guillou) . Kroas-mil-Gwern : un projet de belvédère . Promenade à la Vallée des Saints (8 juillet 2015) . Restauration de l’abri des goémoniers d’Enez-Kroas-Hent . Un été pourri ! Catastrophes naturelles en Bretagne . Voyage chez les Paganiz ( François Menez, 1928) . Factures d’achat à Lesneven en 1927.


  • Le numéro 102 est paru à la fin du mois de décembre 2015

Le sommaire de ce bulletin est le suivant : . Assemblée générale de Spered . Objets d’autrefois (Yves ELUSSE) . Notre trésor documentaire . Patrimoine et sentiers (Yves ELUSSE et Christian BITTARD) . Fragan et saint Guénolé à Croas-Mil-Horn . Courrier des lecteurs . Bibliothèque de Spered (Maurice BALCON)


  • Le numéro 103 est paru à la fin du mois de mars 2016

Le sommaire de ce bulletin est le suivant : . Kafe ar bloaz nevez . Souvenirs de guerre (1939-1940) de Guy ESTEVENON . Souvenirs de captivité (1939-1945) de Jean Pierre BRANELLEC . Ligne de sang (Marc ELUSSE) . Bibliothèque de Spered (Maurice BALCON)) . Une bonne assurance en 1926


  • Le numéro 104 est paru à la fin du mois de juin 2016

Le sommaire de ce bulletin est le suivant : . Souvenirs d’un instituteur public à Guissény (Guy ESTEVENON) . Les Allemands bloquent le bourg le 22 avril 1944 . le recteur LESPAGNOL et la Résistance (Saïk BROCH, « Florette ») . L’arrestation de Résistants le 9 juillet 1944 . La bibliothèque de Spered . Les fêtes de famille . Les activités d’été de Spered


  • Le numéro 105 est paru à la fin du mois de septembre 2016

Le sommaire de ce bulletin est le suivant : . Conférence sur la culture du lin . La culture du lin à Guissény (Yvon GAC) . L’importance de la prairie (Henri MORVAN) . L’habitat du Curnic (Jean COUCHOURON) . Costumes et tradition : la Communion solennelle . Sorties de l’été 2016 : la vallée de la Flèche (François CORRE) . Petite randonnée au bord de la Flèche (Jacques BUTTET - Yves ELUSSE)


  • Le numéro 106 est paru à la fin du mois de décembre 2016

Le sommaire de ce bulletin est le suivant : . Assemblée Générale de Spered Bro Gwiseni (12 novembre 2016) . Cinémigration (Yves ELUSSE) . Repères de nivellement (Yves ELUSSE) . Débroussaillage d’été . Deux Guisséniens morts en 1916 et enterré à Douaumont . Bibliothèque de Spered (Maurice BALCON) . Poème : la mer (Mme de TARRAGON)


  • Le numéro 107 est paru à la fin du mois de mars 2017

Le sommaire de ce bulletin est le suivant : . Hommage à notre Présidente d’Honneur : décès d’Yvonne MOAL . Le camp de Conlie en 1870 (Jacques BUTTET) . Armand ROUSSEAU et le camp de Conlie (Yvon GAC) . Témoignages complémentaires sur le camp de Conlie . Faire quelque chose (Yves ELUSSE) . Bibliothèque de Spered (Yves ELUSSE)


  • Le numéro 108 est paru à la fin du mois de juin 2017

Le sommaire de ce bulletin est le suivant : . Les activités de l’association (Jean COUCHOURON) . La croix du Curnic et la famille PILVEN (François CORRE et Yvon GAC) . Bibliothèque de Spered (Maurice BALCON)


  • Le numéro 109 est paru à la fin du mois de septembre 2017

Le sommaire de ce bulletin est le suivant : . Editorial du Président . Hommage à Antoine GUILLERM, ancien trésorier (François CORRE) . Dossier sur la digue du Curnic, suite à la « Journée de la Digue » (j. COUCHOURON et Ph. PERNUID) : un projet audacieux, la route du Curnic au bourg et le polder de Guissény . Les balades de l’été : découverte du patrimoine de Guissény (J. BUTTET et Y. ELUSSE)

Bulletin 113

Bulletin 113 : numéro spécial sur le bilan de la 1re Guerre Mondiale à Guissény
Bulletin113

Le bulletin 113 des chroniques de Guissény vient de sortir. C’est un numéro spécial consacré au bilan de la Première Guerre Mondiale pour les Guisséniens.

Environ 600 Guisséniens mobilisés entre les classes 1870 et 1900.

Une centaine de victimes, soit un pour six

AnnéesDécès

82 prisonniers de guerre, dont 35 dès 1914, et deux décédés au camp

Une centaine de blessés rentrés chez eux plus ou moins handicapés.

Les conséquences sur la démographie communale.

Des exemples de Poilus, de prisonniers et de victimes.

Bulletin 114

Chronique de Guissény, bulletin de Spered, numéro 114 (4e trimestre 2018)

Sommaire  :

  • Compte rendu de l’Assemblée Générale du 24 novembre 2018
  • Le chemin de Grande Randonnée (GR 34) [Jacques BUTTET]
  • Kroaz an Aod, avant et après (Yves Elusse)
  • Rue Eric Tabarly (Yves Elusse)
  • Nouveautés de la bibliothèque (Yves Elusse)
  • Votre chronique de Guissény (Yves Elusse)
  • Une fable de la Fontaine (Mme de Tarragon)

Bulletin 115

Le Bulletin 115

Couv115

Sommaire :

  • Les activités de l’été 2018 autour du thème du lin
  • La dictée du certificat de l’abbé Rannou en 1935
  • Des courses hippiques à Guissény
  • Le garde-champêtre en action

Bulletin 116

Bulletin 116

Sommaire :

  • Actualité et projets de Spered
  • Petit déménagement
  • Escale à Valparaiso
  • Visite d’une ferme de notre temps
  • Rénovation du four à goémon
  • Un tract électoral de 1947 pour les élections municipales
  • Les fagots

Bulletin 117

  • Editorial
  • Visite à Notre Dame des Anges le 8 août 2019
  • Bécassine
  • Statue de « saint Jean au calvaire »
  • L’Angelus
  • Vandalisme à Enez Kroaz Hent
  • Joseph Marie FILY, maire de 1941 à 1952

Bulletin 119

Couverture 119
  • Les activités de Spered Bro Gwiseni pour l’année 2020 (JF Couchouron)
  • Rencontre de Spered Bro Gwiseni avec le C.M.E. (Jacques Buttet)
  • La maison des Bordelais (Cécile Lormeau)
  • Discours pour les 80 ans de Skol an Aod (Jean Le Bars)
  • Réquisitions allemandes en 1939-1945 (Famille Bars)

Bulletin 122

Couv122
  • Assemblée Générale de 2020
  • La plage du Vougot (Yann SERGENT)
  • Les arbres à Guissény (Jacques BUTTET)
  • Un nouveau libre pour la bibliothèque (Yves ELUSSE)
  • L’installation d’un vivier à crustacés au Curnic (Yvon GAC)

Bulletin 123

  • Message aux adhérents (le Président)
  • Relation avec la Route des Pingouins
  • Rencontre avec Philomène (Yves Elusse)
  • Métiers à Guissény dans les années 1830 (Yves Elusse)
  • Un nouveau livre à la bibliothèque : l’Enfant et le Cheval
  • Le nettoyage du four à goémon (Jacque Buttet)

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- Message aux adhérents (Le Président)

SPERED BRO GWISENI Aujourd’hui et demain

Aujourd’hui, Yves et moi sommes allés au local de Spered. Nous y avons retrouvé l’atmosphère qui nous plaisait tant, dans le décor témoin du travail de nos anciens et aussi du nôtre : les centaines de livres, les panneaux thématiques avec quantité de photos, les vieux outils et humbles mobiliers… On prend conscience de l’importance de ce qui a été accompli et de la nécessité de le poursuivre selon les intérêts du moment, le goût et les possibilités des acteurs. Au calme dans le local, un inventaire de ce qui s’y trouve s’impose. L’arrêt par le covid de toute l’activité engageant un rapport social ouvert est une catastrophe et c’est la survie de l’association qui est en jeu.

Les chroniques de Guissény ont pu être rédigées et publiées. On a pu toutefois constater que leur diffusion a été perturbée. Deux raisons : notre système de distribution par zone géographique a pu manquer de rigueur mais surtout, les adhérents de l’été passaient au local lorsqu’il était ouvert sur la rue. Cette dernière disposition : sans accès direct extérieur n’est pas très heureuse sur le plan relationnel. Lorsque les relations sociales auront trouvé leurs règles cela ne sera pas un obstacle, il faut renouer avec cette relation simple à l’occasion des permanences du samedi.

Cette année si particulière n’est toutefois pas complètement sans résultats et l’on doit en exemple citer la participation de Guissény avec essentiellement des adhérents de Spered à l’érection d’une statue de Saint Sezny à la Vallée des Saints.

Nous avons pu constater également un défaut de rigueur dans la communication : listes de diffusion incomplètes, oublis, je dois reconnaître être l’auteur d’une large pagaille dans ce domaine ! Mon ordinateur semble d’ailleurs ne pas vouloir m’aider !

En résumé, les tâches auxquelles il est urgent de s’atteler sont :

  • Remise en clair de nos communications : bureau, CA, adhérents, environnement…
  • Mode de distribution des chroniques notamment par voie numérique.
  • Mise à jour ou réalisation d’un inventaire et d’un dispositif fiable d’emprunt de nos ouvrages
  • Reprise en main des moyens de bureautique en notre possession
  • Inventaire des panneaux dont nous disposons (une trentaine dont 4 exposés au restaurant) et des objets pouvant accompagner une exposition.
  • Inventaire des possibilités d’animation : expositions, conférences…

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- Le nettoyage du four à goémon.

Enez kroas hent, les 23 et 24 juin

etat du four avant nettoyage
fond du four nettoyé
nettoyage du bord du four
four nettoyé
Etat du four après nettoyage. Côté Est à finir

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- Relation avec le restaurant du Puits et les futurs gites

Nous avons été contactés par les animateurs du restaurant du puits et de la future maison d’hôtes (ex-maison du puits). La proposition est d’afficher dans la salle du restaurant des documents ou vues montrant le Guissény ancien.

Nous avons aussi évoqué diverses hypothèses dans le cadre d’accueil de groupes ou de soirées thématiques.

Dans l’immédiat nous avons proposé d’afficher dans la salle du restaurant certains de nos panneaux. Un premier choix a permis de sélectionner quatre panneaux sachant qu’il y a au moins trois places disponibles pour leur affichage. Nous avons retenu d’anciennes vues de Guissény, les manoirs, les goémoniers et des vues de la baie qui seront en place pour l’ouverture du restaurant, sans doute le 19 mai.

Restaurant

Nous avons également prévu de rééditer les petits guides des circuits patrimoniaux réalisés par Yves Elusse.

En fonction du succès de cette entreprise il y aura certainement des occasions de montrer notre commune et d’inciter les randonneurs à la visiter.

Bientôt il sera possible d’accéder à notre local, nous pourrons alors faire l’inventaire de ce que nous possédons et le structurer par thème.

L’effort à faire dans l’immédiat est de rechercher les photos et documents anciens, on en découvre régulièrement de nouveaux qui avaient échappé à nos nombreux appels, notamment des cartes postales. Leur comparaison avec notre cadre actuel est souvent passionnante de même que les commentaires rédigés par leurs expéditeurs.

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Rencontre avec

Philomène Le Mestre-Le Gall

Dans Ouest-France des 9 et 10 janvier dernier, à la page Landerneau - Lesneven, un titre a attiré mon attention :


Philomène dédie un recueil à la vie de son père

Guissény – Écrivaine amatrice, Philomène Le Mestre-Le Gall revient dans un recueil de 70 pages de textes et photos, réservé à sa famille, sur la vie de son père, Jean, au village de Keraignan.


J’ai contacté Philomène et lui ai proposé, avec sa participation, la rédaction pour Chronique de Guissény, d’un article sur le thème des évolutions que son père, né en 1915, a connues, dans le monde agricole en particulier. Nous nous sommes rencontrés et voici, aussi fidèlement que possible, le résultat de nos entretiens, sous la forme questions – réponses.

InterwiewPhilo

Yves Qu’est-ce qui vous a motivée pour écrire ce recueil dédié à votre père ?

Philomène J’ai eu envie de raconter, de partager avec mes frères et sœurs, faire connaître aux plus jeunes de la famille, comment, à une époque pas si lointaine, on vivait sans électricité, sans eau courante, dans une maison au sol en terre battue, rappeler aussi les changements au niveau de la langue maternelle, quand mon père ne parlait que le breton.

Y. Votre père, à qui vous avez dédié ce recueil, je vous propose de commencer notre entretien en parlant de lui.

Ph. Mon père, Jean-François Le Mestre est né le 17 août 1915, à Croaz Prenn, en Plouguerneau. Il y a d’abord passé une partie de son enfance, puis ses parents ont déménagé, successivement au Naount, le Drennec et enfin à Keraignan, sur la commune de Guissény où la famille s’est installée, dans une ferme en location. Ces déménagements, sur une courte distance, se faisaient avec une charrette tirée par la jument, suivie par les quatre vaches et la truie, avec aussi quelques poules et lapins.

Y. Comment était la vie à Keraignan ?

Ph. À la campagne, on n’avait pas de chaussettes. Dans leurs sabots de bois, les hommes mettaient de la paille, ils garnissaient le cou-de-pied d’une poignée de foin entortillée et glissée dans le sabot en même temps que le pied, ça le protégeait et le bloquait. En été, le pantalon était en coton rayé, l’hiver, en velours, plus chaud. Les vêtements, on les appelait les effets. Entre voisins, il y avait beaucoup d’entraide, pour les gros travaux des champs ou de petits services domestiques. Beaucoup de bonne entente.

Y . Le travail, le quotidien de vos parents à la ferme, quels souvenirs en avez vous ?

Ph. Comme dans toutes les fermes mes parents, outre le travail des champs, avaient des vaches dont le nombre a augmenté au fil des années, quelques cochons, nés à la ferme, des poules pour les œufs et les poussins, des lapins. Et tous les deux ans, une pouliche que mon père dressait pour l’attelage à la charrue, la herse, le rouleau, la charrette, pour la revendre. Il y avait aussi un jardin et un verger qui fournissaient quelques légumes ainsi que les pommes, les poires, les pêches, les groseilles et les cassis. Les légumes comme les carottes, les choux, les salades, étaient semés dans les champs avec les betteraves. Les rutabagas étaient semés dans les terrains les plus humides. Mon père chassait aussi les taupes dont il récupérait les fourrures qu’il faisait sécher et les vendait à une personne qui passait régulièrement les prendre. Les soirées d’hiver, il confectionnait des paniers en osier pendant que ma mère faisait du tricot ou de la couture. Dans le verger, sous les pommiers, on avait aussi des ruches en paille tressée, pour le miel. Les petites fermes, comme celle de mes parents, ne rapportaient pas beaucoup. À la période des foins, pendant plusieurs années, mon père et quelques copains, allaient en journée, faucher de ferme en ferme. Ils dormaient dans les granges, sur la paille, et rentraient en fin de semaine. L’hiver, à Dirinon, il y avait aussi la coupe du bois. Mon père faisait également la coupe du goémon, travail au cours duquel, une fois, il a failli se noyer avec sa jument attelée à la charrette. C’est monsieur Cavarec, de Kerlouan qui l’a sauvé.

Y. Sur la photo, dans Ouest-France, on vous voit devant votre maison natale, comment était elle ?

Ph. C’était une maison avec étage et grenier. Le rez-de-chaussée, pièce principale, comportait une grande cheminée avec deux bancs, un de chaque côté de l’âtre. On y cuisait les aliments et on y réchauffait le café dont le pot était préparé pour la semaine. Les murs, à l’intérieur, étaient blanchis à la chaux. On s’éclairait avec des lampes à pétrole et des bougies. Pour l’extérieur, on avait la lampe tempête. Le mobilier : un vaisselier, la table (table pétrin) au milieu de la pièce, deux bancs-coffres et deux lits clos au-dessus desquels étaient alignés les cadres avec photos de famille, les diplômes, les médailles, les photos des morts à la guerre. Sous le lit clos, étaient rangés le fagot de bois entamé et les pommes de terre. Attenante au rez-de-chaussée, une pièce assez sombre (traoñ an ti*), la lumière venant seulement d’une petite fenêtre. Ce local, plus frais, servait de laiterie, on y écrémait le lait et on y barattait la crème pour faire le beurre. On y trouvait aussi le charnier, grand pot en grès, où l’on conservait la viande de porc dans le sel. Une armoire servait de garde-manger, elle était grillagée pour protéger les aliments des mouches et de la convoitise du chat, lequel à part un peu de lait à la fin de la traite, devait se débrouiller pour trouver seul sa pitance. À cette époque, pas de croquettes ou de pâté en boîte pour les chats et les chiens. À l’étage, deux chambres à deux lits et armoires, séparées par une simple cloison. Des chaises, une table dans une chambre, la machine à coudre dans l’autre. Pas de chauffage, l’hiver les vitres se couvraient de givre. Avant le coucher, les lits étaient tiédis avec des briques chauffées dans l’âtre. On dormait avec les sous-vêtements qu’on changeait deux fois dans la semaine.

* an ti : la maison. traoñ : bas, partie inférieure Au-dessus des chambres, le grenier avec le blé, l’orge, l’avoine, des pommes, celles du pommier tardif dont les fruits se conservaient une partie de l’hiver. Les malles, valises, lit de bébé, étaient rangés dans un coin. C’est là qu’était la bascule pour peser le grain qu’on envoyait au moulin. Le plancher était lavé une fois par an, à l’eau et au savon, avec une brosse en chiendent, un peu d’eau de javel pour blanchir le bois et désinfecter. Il en fallait des seaux d’eau, tirés du puits et montés au grenier !

Y. Et l’extérieur de la maison, dans la cour ?

Ph. Dans la cour, se trouvaient la crèche aux vaches, l’écurie, la soue, la « grange tôle » et le « ti-forn » (la maison du four). On y cuisait le pain, pour nous et quelques voisins. Pour le mardi gras, on y cuisait le « pastès ». Dans la grange, la « marmite potager » dans laquelle on cuisait les pommes de terre pour les animaux. On y trouvait aussi le hache-lande, actionné manuellement tous les soirs, pour couper la lande que mangeaient les chevaux. C’était une machine dangereuse, aux lames très tranchantes. Un petit voisin de quatre ans y a laissé quatre doigts. Une autre grange, recouverte d’herbe et de fougère (gouzel) servait de remise pour la charrette et divers outils. On voyait aussi dans la cour des tas de betteraves, de foin, de paille recouverts de gouzel ainsi que le tas de bois sec pour la cheminée. La cour était nettoyée, grattée et balayée, tous les ans avant la moisson. Après la moisson, on allait chercher une charretée de sable noir à la grève et on l’étalait.

Y. Dans la cour, je pense qu’il y avait aussi le puits. Moi aussi, dans ma petite enfance, sans vivre à la ferme, j’ai connu la maison sans eau courante avec le puits dans le jardin. Les enfants, il nous était interdit de nous en approcher.

Ph. Oui, toute l’eau était tirée du puits, à l’aide d’un seau qui parfois se détachait et tombait au fond. Pour les enfants, le puits était interdit mais l’eau était attirante, ils y jetaient des choses. Il fallait donc nettoyer et mon père descendait au fond avec une échelle. Avant, avec le seau, il avait descendu une bougie allumée pour tester l’oxygène. Si elle restait allumée, il pouvait descendre, si elle s’éteignait, il ne fallait pas y aller. Il fallait beaucoup d’eau, pour les travaux ménagers, la toilette, abreuver les chevaux, les porcs. Les vaches, pour boire, étaient conduites à la mare. Chaque jour, on allait les garder au champ. En y allant ou en revenant, elles broutaient le long des talus. Parfois, certaines « vaches voleuses » devaient être entravées à l’aide d’une corde, de la tête à une patte avant.

A propos des vaches, le sol de l’étable était en terre battue recouverte de quelques grandes pierres plates. Un jour pendant le nettoyage de la crèche, une pierre a bougé. Louis, le grand-père la souleva et dessous, il découvrit une boîte en fer pleine de pièces, beaucoup de pièces. Louis s’empressa de la remettre au propriétaire. Quelle honnêteté ! À qui pouvait bien appartenir ce trésor ?

Une année, nos vaches ont eu la tuberculose, elles ont dû être abattues. Le vétérinaire disait que le microbe restait dans le sol, il a donc fallu faire une dalle en ciment. Mon frère, Goulven était chargé de puiser dans la carrière toute proche les seaux d’eau dont les ouvriers avaient besoin pour faire la dalle. En hiver, la carrière était bien pleine et Goulven qui devait avoir dix ans est tombé à l’eau et a failli se noyer. Une touffe d’herbe à laquelle il a pu s’accrocher lui a permis de s’en sortir. On a frôlé la catastrophe !

Pour les chevaux, l’écurie était dallée de pierres. Ils avaient beaucoup de valeur, ils travaillaient dur, ils étaient bien nourris, parfois de bonne heure quand ils avaient de gros travaux à faire. Il arrivait que pour ne pas dételer la jument, on lui donnait de l’avoine dans le « sah-min », le sac à museau. Mon père a eu une jument blanche, « Espoir », très robuste, increvable, à qui rien ne résistait. Chaque année elle donnait naissance à un poulain. On disait que le lait de jument blanche guérissait de la coqueluche, maladie grave, assez fréquente à l’époque, redoutée chez les jeunes enfants. « Pa vez ar gazeg o vond da drei » (quand la jument est sur le point de pouliner), il faut agir vite. Quelques nuits avant la naissance prévue, mon père dormait dans l’écurie, sur un lit de paille pour être sur place quand le travail commençait. Espoir avait besoin d’aide rapidement. Elle est restée vingt et un ans à la ferme.

Y. On a parlé des vaches, des chevaux, de la jument. Et les porcs ?

Ph. On les nourrissait avec tous les restes dont le babeurre, reste de lait, l’eau de vaisselle (lavée à l’eau chaude, sans détergent), plus des pommes de terre, du son et des feuilles de choux coupées Ce mélange était servi deux fois par jour. On tuait le cochon pour alimenter la famille en viande. On faisait du « farz » de sang, du lard salé conservé dans le charnier. On préparait aussi le saindoux, les saucisses, des andouilles fumées et le pâté avec les bas morceaux. Quelques années plus tard, tout était conservé en bocaux. La vessie, on la gonflait pour en faire un ballon. .C’était la tradition de distribuer un morceau de pâté chez les proches voisins qui rendaient la pareille. Ainsi, on avait du pâté frais plusieurs fois dans l’année. L’été, c’est le puits qui permettait de garder les denrées au frais. Dans certains puits, une cavité, une chambre, avait été aménagée pour y placer les aliments.

Y. Quels souvenirs avez-vous du quotidien de la ferme, d’une journée de travail ? Ph. La journée commençait tôt : lever à six heures ou six heures trente l’hiver. Premier travail, la traite, la tête contre le flanc des vaches, parfois en chantant des cantiques. Puis on nettoyait la crèche et on donnait à manger aux bêtes. Ensuite, c’était le petit déjeuner : café, lait, pain beurre, suivi des occupations de chacun : sortir les vaches et les chevaux, s’il n’y avait pas de labour prévu. Ma mère s’occupait des enfants et du linge qu’elle devait aller laver au lavoir. Un jour que je l’accompagnais, voulant jouer avec l’eau, alors que Maman m’avait dit plusieurs fois « tu vas tomber », n’écoutant pas, « plouf » me voilà tombée dans le lavoir. Maman accourt et me sort de l’eau alors que je suis déjà sans connaissance. Elle me prend à bras le corps et court à la maison en criant aux voisins : « elle est morte ! elle est morte ! » À la maison, on m’a séchée et couchée. Mon père a pris son vélo pour aller prévenir le médecin. Tous les voisins étaient là…j’ai repris connaissance. L’histoire finit bien.

Y. Il m’est arrivé la même aventure alors que je devais avoir autour de cinq ans. Moi aussi, un jour, alors que j’étais avec ma mère au lavoir, en fait, un espace pavé en pente, aménagé sur le bord de la rivière, jouant sans doute trop près du bord, je suis tombé à l’eau. Ma mère m’a attrapé, m’a sorti de l’eau et très vite m’a ramené à la maison, distante de près d’un kilomètre. C’est ma grand-mère qui s’est occupée de moi pendant que ma mère est retournée au lavoir récupérer le linge et la brouette.

Je vous ai interrompue, excusez moi. Et l’école, c’était loin, jusqu’au bourg, comment faisiez vous ?

Ph À l’école, nous étions en pension. C’était loin, environ cinq kilomètres, mon père nous envoyait en charrette avec tout ce qu’il faut : matelas ou couette en balle d’avoine, draps, couvertures, édredon et le linge, sans oublier le pot de chambre. Il fallait aussi fournir les pommes de terre. Le dimanche, Maman venait prendre le linge sale et nous envoyer des vêtements propres et du beurre pour la semaine. Le linge de rechange était dans le grenier, ainsi que les vêtements du dimanche. Le dortoir était organisé en trois rangées de lits en fer qui couinaient. Deux religieuses dormaient, une de chaque bout. Un grand lavabo, pour une douzaine de personnes, servait pour la toilette, à l’eau froide. Les grandes filles aidaient les plus petites. Le matin, il fallait faire le lit avant de descendre prendre le petit déjeuner. Ensuite, il y avait les groupes de ménage pour la cantine, les escaliers, les couloirs et le dortoir. Les classes : les maternelles, le primaire jusqu’au certificat d’études, le cours ménager. La classe commençait à 8 h 30 par la prière, suivie du catéchisme, ensuite les mathématiques et enfin la récréation. Le dernier temps de travail de la matinée était consacré au français. L’après-midi, il y avait la géographie, l’histoire de France, les sciences, le solfège et la gymnastique. Après le goûter, il y avait étude pour les devoirs puis lecture, tricot ou broderie, c’était selon le bon vouloir de chacune. Entre temps, nous jouions dans la cour, au carré, au carré avion, à la balle, au ballon prisonnier. Puis c’était l’heure du repas suivi du coucher.

Y. Pouvez-vous parler aussi des loisirs ?

Ph. Il n’y avait pas beaucoup de loisirs ni beaucoup de jeux. Avec l’école, nous avons eu quelques séances de cinéma au patronage. Le jeudi et le dimanche, après les vêpres, promenade, si le temps le permettait, sinon, jeux de société. J’ai oublié de parler des cours de savoir-vivre du dimanche soir. On nous apprenait à mettre la table, à bien se tenir à table, comment se comporter en société. À la maison, il y avait les dominos, les cartes. Nous jouions aux devinettes, nous chantions.

Y. Pour terminer, peut-être pouvez vous évoquer les évolutions que vous avez pu voir : l’habitat, la langue, le confort, l’habillement, la nourriture, l’équipement de la ferme, la mécanisation.

Ph. Oui, bien sûr, tout a évolué petit à petit. À force de travail, le cheptel a augmenté. Nous avions loué davantage de terres. Plus la main d’œuvre augmentait, plus il y avait de rendement. Cela a permis d’acheter du matériel. Les gros achats ont été la « Satos » qui a remplacé le char à bancs, la charrue par le brabant, le tracteur qui a été une grande évolution. Et n’oublions pas la mobylette. Pour engranger tout ça, il a fallu un hangar qui servait aussi pour le foin et la paille. Nous avons fait partie d’une C U M A * pour du matériel en commun avec les voisins. La machine à traire est venue ensuite. Pendant ce temps, la maison a été modernisée : achat d’un fourneau, l’électricité, enlèvement des lits clos, réduction de la cheminée, une dalle de ciment, l’eau courante avec un robinet et un évier dans la cuisine. Un lavoir dans la cour, suivi de la machine à laver. Une machine à coudre électrique qui a bien soulagé la couturière qui venait régulièrement travailler chez nous. Au niveau de la langue nous avons assisté également à l’emploi de plus en plus fréquent du français dans la vie courante, ce qui n’était pas toujours facile pour tous. Y. Eh bien Philomène, il me reste à vous remercier de votre accueil, du temps que vous m’avez accordé et de votre contribution lors de nos entretiens pour la rédaction de ces quelques pages destinées au bulletin de Spered Bro Gwiseni.

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Métiers à Guissény, années 1830

Quels métiers* exerçait-on à Guissény, commune du « royaume de France », dans les années 1830 /1848, sous le règne de Louis-Philippe « roi des Français » ?

On trouve des éléments de réponse à cette question lors de recherches généalogiques, dans les actes de naissance, de mariage ou de décès mais ce n’est pas systématique et cela ne concerne qu’un faible pourcentage de la population. Les documents relatifs à l’ensemble de la population sont les états de recensements, les « états nominatifs des habitants », un état par commune. Il suffit de compter, page par page, soit pour l’année 1836, année par laquelle nous commencerons cette rubrique, environ 130 pages manuscrites pour Guissény, ce qui est un peu fastidieux. Vers la fin du Moyen-Âge, il y eut déjà, en France, des recensements ou dénombrements de la population. Ainsi, en 1328, le recensement des paroisses et feux de Bailliages et Sénéchaussées dont le but était de recenser les feux fiscaux, c’est-à-dire les foyers, les familles qui pouvaient servir de références au calcul de l’impôt. Il s’agissait alors de recensements très partiels, ne concernant pas toute la population et seulement une partie du territoire national. Le premier recensement national touchant l’ensemble de la population daterait de 1693 / 1694, sous la conduite d’un ministre de Louis XIV, Louis Phélypeaux de Pontchartrain . Il sera suivi d’autres recensements, dénombrements et enquêtes nationales, à intervalles assez irréguliers. C’est en 1801, sous la direction de Lucien Bonaparte, frère cadet de Napoléon Bonaparte, que fut organisé le premier d’une série de recensements, prévus tous les cinq ans, avec toutefois quelques lacunes autour des périodes de guerre. Quant au recensement comparable à ce qu’il est de nos jours, il date de 1836. Dans l’état nominatif des habitants figure la colonne « Titres, qualifications, état ou profession et fonctions ». Pour le Finistère, les recensements disponibles aux archives départementales et consultables en ligne sont ceux de 1836, 1841, 1846, 1851, 1856, 1861, 1866, 1872, 1876, 1881, 1886, 1891, 1896, 1901, 1906, 1911, (pas de recensement en 1916), 1921, 1926, 1931 et 1936. C’est donc avec l’année 1836, la première de cette série de recensements, que nous ouvrons, dans le bulletin de Spered Bro Gwiseni, la rubrique des métiers anciens sur la commune. Ces métiers étant notés profession dans les états nominatifs des habitants, il ne restait plus qu’à consulter page par page et ligne par ligne, ce document dont des extraits figurent en annexes I, II, III et V : - Annexe I : page de couverture, - Annexe II  : première page, - Annexe III : extrait d’une page quelconque, - Annexe IV : le maréchal expert, - Annexe V : la dernière page. Rappelons que, localement, 1836 fut l’année de l’achèvement de la digue du Curnic dont la construction avait débuté après la destruction, en 1833, de la première digue construite entre la pointe de Beg ar Skeiz et la pointe du Dibennou, ouvrage qui n’a pas résisté aux tempêtes. Le numéro 17 du bulletin, de mars 1994, a été consacré à la construction de cette seconde digue. Comme on le voit dans l’annexe I, la population totale de Guissény en 1836 était de 3039 habitants. En effet, bien qu’il ne soit pas certifié, c’est le rectificatif qui est à prendre en compte puisque, dernière ligne de la dernière page de l’état nominatif, c’est bien 3039 qui est indiqué. Il y avait donc environ mille habitants de plus que de nos jours.

* Plus largement : qualifications, profession, état, titres ou fonctions.

Après analyse de l’état nominatif des habitants, voici, par ordre alphabétique, la liste détaillée des métiers, états, titres ou fonctions des habitants de la commune en 1836.

  • Aubergiste (3)
  • Bedeau (1)
  • Bourrelier (1)
  • Charpentier(9)
  • Cordonnier (6)
  • Couvreur (5)
  • Cultivateur (412) |1|
  • Cultivatrice (212)
  • Desservant(1) [2|
  • Domestique (114)
  • Douanier (9)
  • Expert (2) [3|
  • Filandière (43) [4|
  • Fournier (2) [5|
  • Garde champêtre (1)
  • Infirme (1)
  • Instituteur (1)
  • Journalier /Journalière (70)
  • Lingère (33)
  • Maçon (7)
  • Maire (1) [6|
  • Marchand / Marchande (2)
  • Maréchal ferrant (8)
  • Mendiant / Mendiante (2)[7|
  • Menuisier (4)
  • Meunier (12)
  • Garçon meunier (2)
  • Mousse (1)
  • Notaire (1)
  • Peigneuse (7) [8|
  • Propriétaire (3)
  • Ravaudeur (1)
  • Rentier (2)
  • Rentière (1)
  • Servante (75)
  • Sœur (1)
  • Tailleur (12) [9|
  • Tisserand (19)
  • Tisserande (2)
  • Tonnelier (3)
  • Tricoteuse (8)
  • Vicaire (2)

Notes :

  • 1- Le total de 614 (412 cultivateurs et 202 cultivatrices) représente environ 275 fermes ou cellules familiales Voir « Quelques commentaires » et l’annexe III.
  • 2 - Prêtre qui desservait une paroisse. Une fois formés, les jeunes prêtres, sortis du séminaire, sont affectés dans une paroisse, d’abord comme simples vicaires pendant une période qui peut dépasser une dizaine d’années, puis comme desservants et, pour un petit nombre, curés inamovibles. (cf. Histoire de la Bretagne et des Bretons, en deux volumes de Joël Cornette. Seuil 2005).
  • 3 - Voir « Quelques commentaires ».
  • 4 - Le Petit Larousse illustré 2005 indique : Filandière : n.f Litt. Fileuse. Fileur, euse : n. Text. Personne qui file. Filer : v.t. Transformer en fil des fibres textiles.
  • 5 - Fournier n’était déjà plus dans le Petit Larousse illustré 2005. Dans l’édition 1948, Fournier ou fournière : qui tient un four public, qui entretient et surveille le feu d’un four.
  • 6 - Jean-Marie Salou, maire et cultivateur.
  • 7- La mendicité à Guissény a fait l’objet de deux articles dans le bulletin, l’un dans le numéro 4 de décembre 1990 : Enquête sur la mendicité dans le Léon - la réponse de Guissény (1774), l’autre dans le numéro 51/52 de novembre/décembre 2002 : La mendicité à Guissény en 1774 et en 1860. Voir « Quelques commentaires ».
  • 8 - Dans le vocabulaire du travail du lin, le peignage était une opération consistant à démêler, assouplir les fibres tout en éliminant les restes éventuels de chènevottes (résidus de paille, parties dures des tiges).
  • 9 - Ce nombre de tailleurs, bien que ne représentant que 0,4 % de la population peut paraître étonnant. Voir « Quelques commentaires ».

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Quelques commentaires

Les métiers dénombrés En parcourant, même très attentivement, ces états nominatifs des habitants, l’analyse des métiers (ou professions), outre les problèmes fréquents inhérents à la lecture et à la compréhension de documents manuscrits anciens, présente parfois quelques difficultés supplémentaires. Par exemple, dans une ferme où le fait que le père, la mère, les enfants majeurs, garçons ou filles, se soient tous déclarés, à l’agent recenseur, cultivateurs ou cultivatrices, a pu conduire à multiplier anormalement le nombre réel de ceux et celles exerçant ce métier. Il n’est pas rare non plus de voir des séries de dito (d°), notés D calligraphié, sur des lignes concernant de très jeunes enfants. Pour ces derniers, j’ai fait le choix de ne pas comptabiliser la profession indiquée quand, dans la colonne âge, je lisais moins de douze ans. Le choix de cet âge peut étonner les lecteurs ou lectrices de 2021 mais en 1836, cela n’avait rien de choquant.

En effectuant des recherches généalogiques, ayant consulté de nombreux états de recensements concernant des communes en Charente, en Dordogne, en Gironde et dans le Finistère, cet âge de douze ans pour le travail des enfants au XIXe siècle ne me surprend plus. Voici d’ailleurs un extrait du décret impérial du 19 janvier 1811, décret concernant les enfants trouvés ou abandonnés et les enfants pauvres : « …A six ans, tous les enfans seront, autant que faire se pourra, mis en pension chez des cultivateurs ou des artisans. Le prix de la pension décroîtra, chaque année, jusqu’à l’âge de douze ans (…) les enfans ayant accompli l’âge de douze ans, desquels l’État n’aura pas autrement disposé, seront, autant que faire se pourra, mis en apprentissage, les garçons chez des laboureurs ou des artisans, les filles chez des ménagères, des couturières ou autres ouvrières, ou dans des fabriques ou manufactures… ». (reproduction du texte du décret sans modification de l’orthographe).

Au XIXe siècle, il n’y avait pas que les enfants de l’hospice qui étaient mis au travail à douze ans, voire parfois plus jeunes.

  • Expert : Deux experts ont été dénombrés. De quels experts s’agissait-il ? Difficile de répondre à cette question. Tous les deux avaient des enfants. Les âges de ces enfants étant mentionnés, il n’a pas été difficile de retrouver les actes de naissances, espérant y découvrir quelque précision concernant la profession du père. Rien à ce sujet. Rien non plus dans les listes alphabétiques de métiers anciens. Dans le dictionnaire Littré en 4 volumes de 1877, pour expert, on lit : Terme de jurisprudence. Nom donné à des hommes qui, ayant la connaissance acquise de certaines choses, sont commis pour les vérifier et pour en décider. S’en rapporter aux dires des experts. / À dire d’experts, suivant le dire des experts. / L’affaire sera décidée à dire d’experts. Fig. À dire d’experts sous réserve ; locution qui vient de ce que le dire des experts est définitif et sans réserve… Par ailleurs, notons la découverte d’un document ancien « Le maréchal expert » dont la page de couverture figure en annexe IV. Ce document a été imprimé en 1820, on y lit qu’à la fin du XVIIe siècle, le maréchal expert était en fait un maréchal ferrant dont la formation et les connaissances acquises lui permettaient d’exercer certaines fonctions de vétérinaire. En conclusion : En quoi ces deux experts étaient-ils experts ? On n’en sait pas plus.
  • Tailleurs et lingères. Dénombrer douze tailleurs pour une population de 3039 habitants peut paraître excessif, c’est ce qui, dans un premier temps, vient à l’esprit. En revoyant plus attentivement les pages où ce métier apparaît, on peut se demander si l’agent recenseur, dont l’écriture est parfois difficile à lire, n’avait pas parfois écrit teilleur. En effet, dans le travail du lin, le teillage consistait à extraire la fibre par élimination d’éléments indésirables, le teillage se décomposant en égrenage, étirage, broyage et écangage (séparation des parties ligneuses de la filasse). Or, c’est bien tailleur qui est noté et non teilleur.

Dans la plupart des états de recensement que, par ailleurs, j’ai eu l’occasion de consulter, il n’y avait pas de confusion possible puisqu’il était écrit tailleur d’habits. À cette époque, années 1830 et même plus tard, le métier de tailleur d’habits était très répandu, même dans les campagnes. Itinérants ou sédentaires, pour compléter leurs revenus, certains tailleurs travaillaient aussi la terre. Ceux qui se rendaient à domicile pour faire leur travail et qui n’étaient pas eux-mêmes fermiers, pouvaient parfois recevoir leur dû en nature : beurre, œufs, volailles…

À l’origine, les hommes étaient les seuls à avoir le droit d’habiller les hommes et les femmes. Ces dernières ne faisaient que réparer ou réaliser de légères retouches. On les appelait lingères ou couseuses. La coupe, la confection, voire la broderie, sont restées longtemps la prérogative des hommes. Les femmes se chargeaient de réaliser les coiffes. C’est vers la fin du XIXe siècle, début du XXe, que la couturière confectionnera toutes sortes de vêtements.

Notons qu’en 1830, un tailleur français, Barthélémy Thimonnier, inventa une machine à coudre en bois, à un seul fil, permettant de coudre deux cents points par minute, première machine vraiment opérationnelle après diverses tentatives, dès 1755, d’inventeurs allemands, anglais, autrichiens et autres n’ayant pas abouti.

  • Mendiant et mendiante : À la lecture des articles parus dans les bulletins numéros 4 et 51/52, il apparaît qu’en 1774, on dénombrait « dans la paroisse de Guissény et trève* », une centaine de mendiants et mendiantes alors qu’en 1860, le journal de Morlaix publiait la lettre d’un Guissénien datée du 13 février dans laquelle il était écrit : « …il est permis de croire que la mendicité est éteinte ici définitivement ».
  • Les absents : Étonnement, certains métiers comme sabotier, goémonier, pêcheurs, n’apparaissent pas dans les pages de l’état nominatif des habitants.

En ce qui concerne goémoniers et pêcheurs, le ramassage du goémon et la pêche n’étaient sans doute pas les activités principales de ceux et celles qui les pratiquaient. Dans son récent ouvrage, L’enfant et le cheval, Goulc’han Kervella écrit « Mon grand-père était paysan goémonier » Dans ce cas, c’est sans doute paysan ou cultivateur qui était déclaré à l’agent recenseur.

  • Sabotier : À cette époque, première moitié du XIXe siècle, un ouvrier ou un paysan usait cinq ou six paires de sabots de bois par an. Or les sabotiers, en raison des difficultés et du coût de transport du bois s’installaient généralement à proximité immédiate des zones boisées, parfois avec la famille, dans des huttes construites sur place. Ils abattaient et débitaient eux-mêmes leur bois. Un sabotier expérimenté réalisait trois ou quatre paires de sabots par jour. Il pouvait, périodiquement, quand ce n’était pas trop loin, aller proposer sa production aux foires et marchés. Ou bien, les marchands ambulants et les cordonniers venaient s’approvisionner directement chez le sabotier pour la revente au détail dans les villages. Et certains cultivateurs, l’hiver, ayant plus de temps disponible, confectionnaient, plus ou moins bien, eux-mêmes, leurs sabots.

Il n’y avait pas que les paysans qui essayaient de confectionner leurs sabots de bois. Un souvenir me revient, ce n’était pas au XIXe siècle et pas non plus en Bretagne, c’était en Charente, un petit village sur la commune de Ruelle-sur-Touvre, ma ville natale. Chez mon grand-père paternel qui était ouvrier à l’arsenal de Ruelle, enfant, je jouais sur un curieux « cheval de bois ». J’ai su plus tard qu’il s’agissait d’une sorte de banc de sabotier que mon grand-père utilisait pour « bricoler » des sabots de bois et autres objets divers, parfois de petits jouets. C’était pendant l’Occupation.

Dans un prochain bulletin, nous verrons, en une trentaine d’années, l’évolution de la population et des métiers exercés dans la commune, au recensement qui a précédé la guerre de 1870/1871, celui de 1866 ou celui qui a été organisé après la guerre, en 1872 au lieu de 1871.

* La trève, et non trêve (mot bien connu en français), était une subdivision de paroisse. Ici, il s’agit de Saint-Frégant qui a été trève de la paroisse de Guissény, jusqu’ en 1791. Dans un lexique Breton-français de 1982, on lit : treo, tre : trève (subdivision de paroisse)

Bulletin 124

Couverture 124

Sommaire :

. Les métiers à Guissény (Yves ELUSSE)

. Les guides bleus (Philippe ELUSSE)

. La visite au château de Kerjean (Jacques BUTTET)

. Un nouveau livre à la bibliothèque : Anne Guillou (Yves ELUSSE)

. Petit journal pendant l’occupation (M.F. MOYSAN et Y. ELUSSE)

. Paysages anciens et d’aujourd’hui (Jacques BUTTET)

. Photos de la statue de saint Sezny

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Les guides bleus

Dans l’édition de 1930 des Guides bleus, librairie Hachette, quelques lignes sur Guissény.

CarteFinistèreNord
CarteGuissény

On remarque dans l’othographe des lieux : - Larengat pour Lavengat, - La Quillimadec pour Le Quillimadec

TexteTrajet

Documents reçus de la part de Philippe Elusse, adhérent et lecteur de « Chronique de Guissény » résidant en Ariège.

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Visite au Château de Kerjean

Le château de Kerjean

Le jeudi 26 août 2021, une visite du château, organisée par Spered Bro Gwiseni, a réuni dix personnes dont cinq non adhérentes, ce qui est bien peu mais suffisant pour obtenir un tarif de groupe. Ce château, bien connu dans la région, a été érigé au XVIe siècle par la famille Barbier de souche léonarde. Le maître d’œuvre de l’édifice qui reste inconnu, s’est inspiré du style Renaissance, en vogue à cette époque, tout en lui conférant un caractère défensif par une grande enceinte de forme trapézoïdale flanquée d’un petit bastion à chacun de ses quatre angles. Un grand parc remarquable l’entoure où l’on peut admirer un pigeonnier de belle allure. La visite commence par une vidéo sur la généalogie des seigneurs de Kerjean et l’histoire mouvementée du château jusqu’à ce qu’il devienne bien national au XXe siècle. L’intérêt de cette visite porte principalement sur l’exposition temporaire présentant les différents protagonistes du monde au XVIe siècle, des Ming de l’empire chinois aux Incas des Andes, en passant par l’Europe, le monde ottoman et les royaumes africains. La première salle est consacrée à la cartographie du monde vue par les artistes des différents continents. Le visiteur a parfois des difficultés à reconnaître leur représentation, en particulier lorsque le sud et le nord du globe sont inversés, ainsi que l’est et l’ouest pour certaines cartes dressées par les Arabes qui écrivent de la droite vers la gauche. Suivent un nombre important de salles consacrées aux continents, leur histoire, leur civilisation, et les découvertes qu’ils ont faites. Notre groupe a bien apprécié le parcours proposé dans le château et a terminé la visite dans la cour principale pour la photo traditionnelle.

Jacques BUTTET

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Petit journal pendant l’Occupation

En triant et mettant un peu d’ordre dans les archives familiales, nous avons découvert un petit carnet dans lequel Michel Riou, préposé des douanes en retraite, tenait pendant l’Occupation un petit journal. Dans la plupart des pages du carnet figurent des notes concernant la vie quotidienne, à caractère personnel et familial, qui n’ont pas leur place dans ce bulletin. Toutefois, quelques notes, moins personnelles peuvent peut-être intéresser les lecteurs et lectrices de « Chronique de Guissény ». Michel Riou qui habitait alors rue Biterel* dans la maison dont l’adresse actuelle est 1 route du Curnic, hébergeait sa fille avec ses trois enfants.

*Adresse figurant sur les cartes et lettres envoyées par son gendre, François Moysan, prisonnier en Autriche.

Petit journal sous l’Occupation

18 décembre 1941 : Aujourd’hui, deux avions sont tombés en mer à la pointe de Kerlouan, un autre à Plouguerneau, dans un champ, et un autre à Brignogan. Ces quatre sont tombés après un combat aérien.

5 janvier 1942 : Un Allemand ne voulant pas aller en Russie s’est suicidé à côté de la croix de la Mission, à la grève. Léon Guéguen a constaté le décès et l’officier a appelé monsieur Rannou pour lui administrer l’Extrême Onction. Je ne sais si on l’a administré puisqu’on l’a trouvé froid.

22 avril 1944 : Aujourd’hui, jour mémorable, les Allemands ont perquisitionné dans la plupart des maisons du bourg. Chez nous, ils sont venus vers midi et demi. Il y avait deux avec moi dans la salle, trois autres dans la cuisine, avec Yvonne, fouillant partout, dehors il y avait trois ou quatre autres armés du fusil, il y avait aussi une mitraillette. Après, les chambres et le grenier. D’autres ont visité le garage où j’ai l’habitude de mettre une chique froide après dîner. Mon tabac, je le mettais dans le garage pour ne pas être à la portée des enfants. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que mon tabac avait disparu, il y avait la ration pour 20 jours. Je cours à la recherche de mes soldats. Sur la rue, on me dit qu’ils étaient rentrés au presbytère. J’y cours et après beaucoup de pourparlers, j’ai pu avoir mon tabac. Que j’étais heureux. Il y a une quinzaine qui ont été arrêtés des suites des perquisitions et ont été dirigés sur Brest. Dont monsieur le Maire, Joseph Fily, l’abbé Rouallec, vicaire, petit Jean etc…Quelle calamité. Monsieur le Recteur aussi.

Samedi 12 juillet 1942 : Aujourd’hui, nous avons enfoui dans le verger, 32 bonnes bouteilles : Cognac, vins fins, blancs et rouges, ainsi que des apéritifs, de crainte qu’il aurait fallu évacuer, car il en a été question.

Le 31 mai 1944 : François étant prêt d’arriver à la maison, nous avons enlevé les bouteilles qui sont toutes intactes, sauf les étiquettes. Presque deux ans dans la terre.

3 juin 1944 : Arrivée de François à 20 h 30 avec le car Lagadec. Yvonne et ses trois enfants étaient au car, moi j’étais à la grève à pêcher des crevettes.

Deux des événements auxquels Michel Riou fait référence dans son carnet ont été relatés dans :

1- Chronique d’hier, tome 1, la vie du Léon 1939-1945 de Roland Bohn avec la participation de Robert Salaun

Chute d’avions le 18 décembre 1941

… L’année se termine par une nouvelle chute d’avion, cette fois à Plouguerneau. Elle a lieu le jeudi 18 décembre, jour de foire qui rassemble environ 4000 personnes. En fin de matinée, un bombardier de type Lancaster revenant de Brest perd progressivement de l’altitude, à tel point que la population pense qu’il va s’écraser sur la ville. Par miracle, il réussit à aller se poser dans un champ, au lieu-dit Croaz Edern, en bordure de la route Plouguerneau-Guissény. L’avion se disloque ; le « sergeant »* Baker, pilote, resté à bord avec le « sergeant » Towns sont tués. Ils sont inhumés au cimetière de Plouguerneau. Les autres membres d’équipage qui ont pu sauter en parachute, atterrissent dans la région de Lilia. Trois d’entre eux sont immédiatement appréhendés par l’occupant. Un quatrième peut se soustraire à l’ennemi durant quarante huit heures grâce à l’aide d’Ogor Guillaume, de Loaëc Marie, tous deux de Crukerrou et de Gouez Jean d’Enez-Sanq. Ils le cachent dans une maison désaffectée où ils le ravitaillent. Les Allemands ne tardent pas à les trouver. Les trois plouguernéens sont arrêtés. Loaëc Marie est condamnée à deux mois de prison tandis que ses deux compagnons écopent chacun de quatre mois de la même peine qu’ils exécuteront à Rennes. Il y a lieu de penser qu’un cinquième passager de ce bombardier tomba en mer. Découvert noyé au large des côtes de Brignogan le même jour, il sera enterré dans le cimetière de cette localité. Il s’agissait du « sergeant » Davey Gordon.

2 - Chronique de Guissény n° 49 d’avril 2002

Perquisition dans le bourg de Guissény en avril 1944.

Cet article de deux pages concerne plus spécialement l’école Sainte Jeanne d’Arc, il a été rédigé d’après les archives de l’école. Toutefois, la réquisition, comme le précise le titre, concernait tout le bourg. « …mais pendant ce temps tout le bourg était cerné, une fouille identique s’y effectue… »

* Grade en anglais dans le texte.

Marie-Françoise Moysan et Yves Elusse

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Paysages anciens et d’aujourd’hui pris du même endroit

Les paysages de Guissény qui nous sont familiers ont-ils vraiment changé avec le temps ? S’agissant du bord de mer on constate que là où il y a des enrochements, naturels ou artificiels, le trait de côte n’a pratiquement pas reculé. En revanche les plages non protégées ont subi des enfoncements importants, y compris celles qui avaient été protégées par des obstacles non adaptés qui n’ont pas résisté aux assauts des tempêtes. (photo ci-dessous) Les photos comparatives proposées ci-après concernent des paysages du début de la baie de Guissény. Il s’agit, à partir d’une photo ancienne, le plus souvent celle d’une carte postale, d’essayer de prendre la même photo sous le même angle lequel n’est pas toujours facile à trouver. Notons au passage que certaines cartes postales ont été éditées il y a 50 ans, voire 100 ans ou plus. En regardant les trois exemples proposés, on peut faire les remarques suivantes : On constate peu de changements survenus dans un laps de temps assez long. Bien sûr on aperçoit un peu plus de végétation, parfois des maisons qui n’existaient pas. Lorsqu’il s’agit de paysages nouvellement urbanisés, le constat est différent car on reconnaît avec peine l’endroit de la prise de vue initiale. Une autre série de photos comparatives sera proposée ultérieurement. Les lecteurs possédant d’anciennes photos ou cartes postales peuvent essayer de retrouver le lieu de la prise de vue et pourquoi pas de photographier ce qu’ils voient aujourd’hui. C’est un jeu distrayant.

le Vougot après la tempête

Plage du Vougot après la tempête de mars 2007. Le recul de la dune avait été estimé à six mètres !

Comparaison à 104 ans d’intervalle ! Les 2 rochers à gauche sont toujours là. Ceux de droite ont été ensablés Sur le haut de la falaise la végétation est un peu plus dense

photo comparée à la carte postale
Guissény - La Grève
LaCroix
La Croix le 26 septembre 2021

Près d’une centaine d’années après ! La cale dont on aperçoit un bout dans le coin droit en bas a recouvert les rochers au centre de la carte ancienne. La dune que l’on voit n’existait pas bien sûr.

La Croix

Photo du haut : date sans doute des années 50, le champ dominant la plage est encore cultivé. Photo du bas : prise l’été 2021. Conclusion : peu de différences. La pointe de Kerlouan est vide de constructions et de végétation. La pointe dunaire au premier plan semble plus dégradée que celle que l’on voit aujourd’hui.

vue des barachou

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Photos de la statue de saint Sezny dans la Vallée des Saints

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Les métiers à Guissény en 1872

Dans le bulletin précédent, le numéro 123, la rubrique concernant les métiers anciens dans la commune a été ouverte sous le titre : Métiers à Guissény, années 1830. C’est l’année 1836 qui a ouvert cette rubrique. Pourquoi 1836 ?

Rappelons que 1836 était la première année d’une série de recensements comparables à ce qu’ils sont de nos jours, consultables en ligne aux archives départementales, recensements normalement programmés tous les cinq ans. Ainsi, dans les années 1870, les recensements auraient dû avoir lieu en 1871 et 1876. Or, en raison de la guerre de 1870 et de la Commune, le recensement a été retardé d’une année, il a eu lieu en 1872. C’est donc ce recensement qui a servi de base pour voir quelle a été, 36 ans après 1836, un tiers de siècle, l’évolution des métiers exercés dans la commune.

Dans l’état de recensement, « l’état nominatif des habitants », dans les 17 colonnes que comporte chacune des pages, la colonne numéro 8 indique les métiers exercés par les habitants, elle est intitulée : « Titre, qualifications, état ou profession et fonction »*

Les autres colonnes sont intitulées :

1 - Désignation des quartiers, villages ou hameaux,

2 - Désignation des rues dans les chefs-lieux,

Puis, numéros par quartier, village, hameau, rue : 3 - des maisons. 4 - des ménages. 5 - des individus.

6 - Noms de famille. 7 - Prénoms.

Ensuite : Sexe masculin : 9 garçon . 10 hommes mariés. 11 veufs.

Sexe féminin : 12 filles. 13 femmes mariées. 14 veuves

Enfin :

15 - âge.

16 - Nationalité - lieu de naissance.

17 - 0bservations.

Pour l’année 1872, l’état nominatif, outre la page de couverture et les pages récapitulatives, comporte cent pages de trente lignes (une ligne par habitant) et la dernière page de douze lignes, soit un total de 3012 habitants. En comparaison avec le recensement de 1836, il y donc une très légère diminution de la population puisque cette année là, 3039 habitants avaient été dénombrés sur le territoire de la commune.

* Dans le titre : métiers. Dans l’état nominatif : profession. Les puristes pourront toujours consulter leurs dictionnaires pour voir quelle est la nuance entre métier et profession. Ce qui est certain c’est que lorsqu’on a de l’expérience dans une profession, on dit qu’on a du métier. Et quand on parle d’un ensemble de personnes exerçant le même métier, on dit : dans la profession.

Titres, qualification, état, ou profession et fonction :

Aubergiste (1)

Bedeau (2)

Berger (2)

Blanchisseuse (1)

Boucher (1)

Boulanger (apprenti) (1)

Bourrelier (0)

Buraliste (1)

Cabaretier (1) Cabaretière (1)

Cantonnier (1)

Charpentier (5)

Charron (4)

Charroyeur (1) - un homme qui transporte sur des chariots, des charrettes

Commerçant (1) Commerçante (1)

Cordonnier (3)

Couturière (21) - en 1836, il n’y a pas de couturière mais 33 lingères

Couvreur (1)

Cuisinière (2)

Cultivateur (376) Cultivatrice (20)

Débitant / Débitante (9) - sur les 9 recensés, il est précisé : un débitant de tabac et une débitante de boissons. Pour les 7 autres, aucune précision supplémentaire.

Desservant (0)

Domestique (211)

Douanier (8)

Épicière (1)

Expert (0)

Ferblantier (1)

Fileuse / Filandière (7) - 43 en 1836

Forgeron (7)

Fournier (1)

Fruitier (1)

Garde-champêtre (1)

Gardien de la digue (1)

Infirme (0)

Instituteur (1)

Institutrice (religieuse) (1)

Journalier / journalière(44)

Lingère (0)

Maçon (5)

Maire (1) - Laurent Collic en 1872

Marchand / marchande (0)

Matelot (1) - En 1836, il n’y a pas de matelot, mais un mousse. Ce matelot ne devait pas être un marin d’Etat car selon les directive à l’agent recenseur, il n’aurait pas été décompté.

Maréchal ferrant (1)

Mendiant / Mendiante ) (0)

Ménagère journalière (1)

Menuisier (7) Apprenti menuisier (1)

Meunier (9) Garçon meunier (5)

Minotier (1)

Notaire (1)

Peigneuse (0) - Une étape avant le tissage du lin

Propriétaire (3)

Ravaudeur (0)

Recteur (1)

Religieuse (3)

Rentier / Rentière (0) - Rentier ou retraité ?

Repasseuse (2)

Retraité (4)

Servante (0) - Pas de servante, elles ont peut-être été inscrites comme domestique

Sœur (0) - comptée comme religieuse

Sous-brigadier (1) - Sans doute sous-brigadier des Douanes car, comme les marins d’Etat, les militaires inscrits sur les contrôles de corps de troupe ne devaient pas être comptés

Tailleur (9)

Tisserand (7) - Le nombre diminue par rapport à 1836 : sans doute la conséquence du déclin des métiers du lin. Dans la marine, la vapeur a remplacé la voile et les filatures du Nord ont provoqué la diminution de l’usage du lin et du chanvre

Tisserande (1)

Tonnelier (1)

Tricoteuse (3)

Vagabond (1)

Vicaire (2)

Certains métiers ne figurent pas dans le recensement de 1836 : berger, blanchisseuse, boucher, boulange, buraliste, cantonnier, charron, charroyeur, cuisinière.

****************

Quelques précisions sur les directives à l’agent recenseur.

La première page de l’état de recensement comporte, à l’attention du recenseur, des directives précises et très détaillées su la manière de remplir les colonnes citées plus haut. Titre de cette première page : « Les explications sur le mode de formation de l’état »

En voici des extraits, avec le vocabulaire et le style de l’époque. …. Colonnes 3 - 4 - 5 …on procédera par maison ; dans chaque maison, par ménage…

Colonnes 6 et 7 …on inscrira d’abord le chef de ménage, homme ou femme, puis la femme de ce chef, puis ses enfants, s’il en a, puis les ascendants, parents ou alliés faisant partie du ménage : enfin les domestiques, les employés et les ouvriers qui vivent et qui ont leur résidence avec la famille.

Colonne 8 …on fera connaître, dans cette colonne, outre la profession, la position de chaque individu par rapport au ménage dont il fait partie, c’est à dire qu’on indiquera s’il en est le chef ou l’un des enfants, s’il y appartient en qualité de parent ou d’allié ou seulement comme employé ou domestique à gages…

C’est dans cette colonne 8 que, par sept fois, figurait la mention : enfant de l’hospice, hospice de Brest puisque pour ces sept enfants, dans la colonne 16 prévue pour le lieu de naissance, pour tous il était noté : Brest. Dans la colonne 15 réservée à l’âge, chronologiquement, dans l’ordre où ces enfants figurent dans l’état de recensement : 10 mois, 5 ans, 6 ans, 5 ans, 5 ans, 11 ans et 7 ans.

Rappelons à ce sujet que la réglementation prévoyait pour les « familles nourricières » une allocation de l’État jusqu’au douzième anniversaire de l’enfant. (cf : bulletin n° 120, un nouveau livre à la bibliothèque).

Dans les prochains bulletins, nous verrons, après les années 1836 et 1872, l’évolution des métiers sur la commune en 1911 et 1921 (recensements effectués avant et après la guerre, celui de 1916 n’a pas été fait) et enfin en 1936.

Yves ELUSSE

Bulletin118

  • L’Assemblée Générale de Spered Bro Gwiseni du 8 novembre 2019
  • Le Conseil d’Administration du 23 novembre 2019
  • Les peintres des rues de Guissény (Yves ELUSSE)
  • Le projet de statue de saint Sezny à Carnoët (Michel LYVINEC)

Bulletin120

Chronique de Guissény, numéro 120

  • Le village de Kermaro et la peste
  • Des épidémies à Guissény aux 18e et 19e siècles
  • Les épidémies des 20e et 21e siècles
  • Noms de rues de Guissény (suite) : rue des Goémoniers, impasse du Tali et impasse du Pioca.
  • Nouveau livre à la bibliothèque : les exposés de Creac’h-Euzen, les enfants trouvés de l’hospice de Quimper au 19e siècle.

Bulletin121

Couv121
  • Editorial
  • Compte rendu de la conférence d’Anne Guillou du 27 septembre 2020 sur deux grandes figures de l’agriculture bretonne, Hervé Budes de Guébriand et Tanguy Prigent.
  • Rencontre avec Jacques HAUROGNE, Guissénien, auteur, compositeur, interprète.
  • Mon rapport à Guissény et à Spered Bro Gwiseni par Yves Elusse.
  • Changement de paysage à Nodeven : l’évolution dans le temps.
  • Rubrique « Libre opinion » : réflexions sur l’érosion de la dune du Vougot et l’enrochement des côtes (Jacques Buttet).
  • Saint Sezny dans la Vallée des Saints.
  • Saint Sezny et la création de la paroisse.
  • Les diverses représentations de saint Sezny à Guissény .

Les articles

  Liste des articles des « Chroniques de Guissény » présentée par numéro de bulletin. Pour les consulter, prière de nous adresser une requête par mail ; vous pourrez éventuellement être mis en relation avec l’auteur de l’article.

- Numéro des bulletins et titres des articles

  • 1-PREHISTOIRE ET PROTOHISTOIRE à GUISSENY
  • 1-HERVE ROUDAUT (1793 – 1847) Un Guissénien,fondateur du Collège de LESNEVEN
  • 1-Des prêtres réfractaires à Guissény sous la Révolution
  • 1-Un Guissénien fondateur du Collège de Lesneven Hervé ROUDAUT (1793-1847)
  • 2-La chapelle de Brendaouez (d’hier et d’aujourd’hui)
  • 2-Une motte féodale à Guissény (du côté de Castel-al-Lez)
  • 2-Un divorce à Guissény en 1794 (de l’utilisation des lois révolutionnaires)
  • 2-Evolution de la démographie à Guissény (1900-1990)
  • 3-Numéro spécial : Brendaouez (la construction du lochen)
  • 3-le pardon de Brendaouez autrefois
  • 3-la fête de Brendaouez en 1990
  • 4-La démographie de Guissény (1800-1900)
  • 4-Markizez ar Faoued
  • 4-Yan Dargent à Guissény : la femme du pêcheur
  • 4-Enquête sur la mendicité dans le Léon : réponse de Guissény (1774)
  • 5-Le mardi gras les œufs de Pâques un poème sur Guissény
  • 5-La recette du pastez
  • 5-La démographie de Guissény (1665-1800)
  • 5-Archéologie à Guissény
  • 5-Toponymie à Guissény (1)
  • 6-Une veillée bretonne à Kerespern
  • 6-Un poème sur Guissény - les origines du muguet du 1er mai
  • 6-Le calice de J.M. Branellec
  • 6-Toponymie à Guissény (2)
  • 6-Skol Diwan e Gwiseni (dossier d’enfants de l’école de Lesneven)
  • 7-Saint Sezny patron de la paroisse
  • 7-Historique du four à pain mobile
  • 7-Toponymie à Guissény (3)
  • 7-Les visites guidées de la commune (été 1991)
  • 7-La chapelle de l’Immaculée Conception
  • 8-La petite école de Guissény
  • 8-Guissény dans un dictionnaire (1)
  • 8-Toponymie à Guissény (4)
  • 8-Une mission à Guissény en 1956
  • 9-La chanson des goémoniers
  • 9-Les fontaines de Guissény
  • 9-Fragan et Croas-Mil-Gwern
  • 9-Guissény dans un dictionnaire (2) - un poème sur Guissény
  • 9-Un Guissénien et le fantôme de Carman
  • 10-Kousk Breiz Izel
  • 10-Trois petits "enragés" à Guissény en 1903
  • 10-Une tragique partie de pêche - août 1905 (1)
  • 11-Feu de la Saint Jean (juin 92) - Brendaouez 92
  • 11-La visite de Saint-Frégant (août 1992)
  • 11-Le manoir de Lesvern en Saint-Frégant
  • 11-Une tragique partie de pêche (2)
  • 12-Propos du guetteur (1956)
  • 12-Une tragique partie de pêche (3)
  • 13-Les phares et balises du Finistère-Nord
  • 13-Le « Bro Goz va Zadou »
  • 13-Une bienfaitrice américaine pour Skol-An-Aod
  • 13-Des Léonards au Canada au début du siècle (1)
  • 14-Des Léonards au Canada au début du siècle (2)
  • 14-Les derniers loups en Bretagne
  • 14-Il y a deux cents ans en 1793 : une année troublée à Guissény et dans le district de Lesneven (1)
  • 15-Le château et la famille de Penmarc’h
  • 15-Il y a deux cents ans en 1793 : une année troublée à Guissény et dans le district de Lesneven (2)
  • 16-Le pardon de Saint Sezni… en Cornouailles
  • 16-Le pardon de Saint Sezni… en Cornouailles (version bilingue)
  • 16-L’incendie du château de Penmarc’h en 1715
  • 16-Il y a deux cents ans en 1793 : une année troublée à Guissény et dans le district de Lesneven (3)
  • 17-Le pillage du château de Penmarc’h en 1594
  • 17-Les seigneurs de Penmarc’h et de Guicquelleau au XVIe Siècle
  • 17-Numéro spécial : la construction de la digue du Curnic au XIXe siècle
  • 18-Jean-Marie UGUEN (1868-1938)
  • 18-Il y a deux cents ans : Guissény en janvier-juin 1794
  • 18-Un dispensaire au château de Penmarc’h au XVIIIe siècle
  • 19-Numéro spécial : les relations entre Guissény et Saint-Frégant pendant la révolution (1789-1799)
  • 20-L’auberge de Guissény
  • 20-Un changement d’instituteur en novembre 1794
  • 20-La signification des noms des Guisséniens
  • 20-Le chanoine Jean-Marie UGUEN (suite)
  • 20-Guissény au XIXe siècle
  • 21-Le bateau sur la mer (poème)
  • 21-Équivalence des mesures anciennes
  • 21-La réglementation de la coupe du goémon à la fin du XVIIIe siècle
  • 21-L’école de Guissény au XIXe siècle
  • 21-La Préhistoire à Guissény : 1re partie
  • 21-Index du bulletin (années 1990-1994)
  • 22-Numéro spécial : Guissény dans le pays pagan
  • 23-A propos du mot « pagan »
  • 23-Le Tro-Breiz
  • 23-Le lit-clos l’armoire à sommeil
  • 23-La Préhistoire à Guissény : 2e partie
  • 24-La mort tragique d’Antoine Nicol
  • 24-La veillée de Noël du Marc’h Du
  • 24-La Préhistoire à Guissény : 3e partie
  • 24-Problèmes religieux à Guissény en 1795
  • 24-Eneour et la « Fleur de Lampaul »
  • 25-La « chapelle des noyés »
  • 25-Le jeu de dominos
  • 25-Les vestiges du penity saint Sezny
  • 25-Michel JOSEPH écrivain guissénien
  • 25-La vie de saint Gildas
  • 25-L’origine du nom de saint Elven
  • 25-Troubles de l’ordre public au XIXe siècle
  • 26-Les emblèmes de la Bretagne
  • 26-Le pays de Léon
  • 26-Les paroisses primitives
  • 26-Le vocabulaire des édifices religieux
  • 26-Les armoiries de Guissény
  • 27-Le vitrail et la bannière
  • 27-Le Kalabousen
  • 27-Une pêche miraculeuse
  • 27-Troubles de l’ordre public au XIXe siècle
  • 27-Proverbes ruraux bretons du XIXe siècle
  • 28-Les visites d’octobre (Commana Sizun La Martyre La Roche-Maurice)
  • 28-Le salon de l’Histoire locale à Lesneven
  • 28-Les Pagans et la mer (poème)
  • 28-Nos cousins canadiens
  • 29-Le papier à cigarettes
  • 29-Tristan le Léonnois
  • 29-Un vivier à Guissény au 19e siècle
  • 29-Le pillage du château de Penmarc’h en 1594
  • 30-Numéro spécial : les marées
  • 31-Guicquelleau
  • 31-Henri de Penmarc’h et Jehan Marhec
  • 31-Un privilège des seigneurs de Penmarc’h
  • 32-Visite à Pleumeur Bodou
  • 32-Liste des maires, recteurs et vicaires
  • 32-Mère Marie-Salomé
  • 33-Guissény au XIXe siècle
  • 33-Un incendie à Goarchel en 1843
  • 33-Le paysan léonard au XIXe siècle
  • 33-Les Virades de l’Espoir
  • 34-L’électrification de la commune de Guissény
  • 34-Les Virades de l’espoir
  • 35-L’adduction d’eau sur la commune de Guissény
  • 36-Bloavez Mad (Taldir)
  • 36-A chacun son calendrier
  • 36-Le gui du nouvel An
  • 36-Les fêtes de Noël et du 1er de l’An
  • 36-Anaouen Neve
  • 36-La légende de la baie des anges
  • 37-L’histoire de Skol-an-Aod
  • 38-La Préhistoire au Curnic
  • 38-Le réservoir à poisson du Curnic à l’époque romaine
  • 38-L’aire neuve
  • 38-La construction de la route du Curnic
  • 38-La récolte du goëmon
  • 38-Poème : la vieille digue
  • 39-Les visites de l’été : stèles et moulins
  • 39-La légende de l’étang du Pont
  • 39-La généalogie
  • 40-Le sarrasin et les crêpes
  • 40-Des recettes (kig a farz galettes pouloud)
  • 40-La page de généalogie : Dubrocard
  • 40-Louis Magado sculpteur à Guissény au XVIIIe siècle
  • 40-La légende de la sauge
  • 40-L’an 2000
  • 41-Les Collectivités territoriales (le rôle du maire la Communauté des Communes le Syndicat des Eaux du Bas-Léon l’Agence de Développement le Conseil général et le Conseil régional)
  • 41-Une kermesse à l’école Ste Jeanne d’Arc en 1949
  • 42-Pardons et pélerinages
  • 42-La chapelle de Brendaouez (poème)
  • 42-Un infanticide en 1797
  • 42-Index des bulletins de 1995 à 1999 (n° 21 à 40)
  • 43-Une canadienne et les pardons
  • 43-Les panneaux de l’enclos paroissial
  • 43-Saint Gwennolé et le diable
  • 43-La route de la Digue du Curnic
  • 44-Bilan de 11 ans d’existence de l’association
  • 44-Dossier : le Cheval
  • 44-Généalogie : Henry de Kergoff
  • 45-Les foires dans le Léon
  • 45-Les foires à Guissény au XIXe siècle
  • 46-Les curraghs
  • 46-La croix de Kervéléré
  • 46-Le chemin de fer à Guissény
  • 46-Généalogie : Henry de Kerangoff
  • 46-Une dame mystérieuse à Guissény…
  • 47-La paroisse de Tréménac’h
  • 47-Des poèmes sur Guissény
  • 47-Natura 2000 à Guissény
  • 47-Chemin de fer à Guissény (suite)
  • 48-Le socle de l’obélisque en granite de l’Aber Ildut
  • 49-La monnaie
  • 49-Un nouvel élément du patrimoine guissénien
  • 49-L’arrivée des Allemands à Guissény en 1940
  • 49-Une perquisition dans le bourg de Guissény en avril 1944
  • 50-Le marathon de la Transléonarde
  • 50-Le calvaire sud du cimetière
  • 50-Louis-François Seigneur de Penmarc’h sous la Révolution
  • 51-Des retraites à Guissény en 1928
  • 51-La mendicité à Guissény en 1774 et en 1860
  • 51-Histoire d’Etienne et d’Yvonne (Emile Souvestre)
  • 53-Les 80 ans de Skol-an-Aod
  • 53-La récolte du goémon à Guissény au XIXe siècle
  • 53-Un conflit municipal à Guissény au XIXe siècle
  • 54-L’ancienne maison longue de Trérohant
  • 54-La stèle de Lavengat (1)
  • 55-La sortie découverte de Ploudaniel
  • 55-La stèle de Lavengat (2)
  • 56-La stèle de Lavengat (3)
  • 57-Généalogie (Antoine Gall)
  • 57-Les chanoines du Léon
  • 58-Les défenses côtières (F. CORRE)
  • 58-Les journées du patrimoine : de Brendaouez à Brendaouez (F. CORRE)
  • 58-La « Bonne Mort » de Yann D’Argent (Hervé Cabon)
  • 58-Un drame sur la plage de Guissény au XVIIIe siècle
  • 59-Les bornes de corvée (1) (F. CORRE)
  • 59-La construction de la mairie-poste (1958)
  • 60-Toponymie de Guissény et ses villages
  • 60-Hiérarchie des seigneuries et manoirs de Guissény (Marc Faujour)
  • 60-Manoirs et chapelles (Marc Faujour)
  • 60-Sortie-découverte du Relecq-Kerhuon (F. et M. CORRE)
  • 61-Rennes : sortie du 16 juin 2005
  • 61-Chapelles : 2e circuit du 18 août 2005
  • 61-Les chats dans les légendes locales
  • 62-Arsène GALL et la Résistance
  • 62-Index du bulletin (41 à 60)
  • 63-Aber-Wrac’h balade sur la rive droite du 8 septembre 2005
  • 63-Les bornes de corvée (2) – suite du n° 59 (F. CORRE)
  • 64-La réunion sur le projet de livre
  • 64-Le quartier de Brendaouez
  • 64-La sortie au Folgoët du 4 avril 2006
  • 65-Les bornes de corvée (3) – suite du n° 63 (F. CORRE)
  • 65-L’ossuaire dans un enclos paroissial
  • 65-Le conseil de fabrique
  • 66-Sortie du 7 juin 2006 : autour du château du Leuhan
  • 66-Sortie du 21 juillet à Plouvien
  • 66-Réunion de préparation du livre sur le XXéme siècle
  • 67-Sortie : En descendant le Quillimadec (18.08.06)
  • 67-Sortie : Pointe Saint-Mathieu / Fort Montbarey (08.09.06)
  • 68-Les bornes de corvée (4) – suite du n° 65 (F. CORRE)
  • 68-Le Conseil de Fabrique et les fabriciens
  • 68-François BROC’H « Florette »
  • 69-Un logo pour l’association
  • 69-La sortie Plabennec/Le Drennec du 07.04.07
  • 69-La sortie de Saint-Servais du 18.07.07
  • 70-Conférence de Louis ELEGOET : « Les Léonards »
  • 70-Visite à Landerneau du 05,09,07 (F. CORRE)
  • 71-Sorties à Tréflez du 20 juin et 22 août 2007
  • 71-Les journées du patrimoine de septembre 2007
  • 72-Un dimanche matin chez Jeanne
  • 72-Le corps de garde du Dibennou
  • 72-Pique-nique à Guissény
  • 73-Les quatre sœurs
  • 73-Les journées du patrimoine
  • 73-Sortie du 25 juin 2008 : Lanhouarneau
  • 73-Un naufrage en baie de Guissény en 1814
  • 74-La Roche Maurice Sizun : les enclos (30.07.08)
  • 74-La conférence sur les monuments aux morts (Mme M.T.CLOITRE)
  • 75-« Les petits trous pas chers » : Guissény en 1895.
  • 75-Guissény-sur-mer
  • 75-L’Hôpital-Camfrout et le kersanton
  • 75-Les sorties « Patrimoine » de l’été 2009
  • 76-Les gardes-goémoniers à Guissény
  • 76-La cousinade des ROMP en août 2008
  • 76-Qui a vu le Roc Curnic ?
  • 77-Le départ des sœurs de Saint-Méen
  • 77-Le four à goémon d’Enez Croaz Hent
  • 77-Visite de Saint-Pol-de-Léon (septembre 2008)
  • 78-« Le Grand Tour de M. Saint Sezny » : conférence de M. G. PROVOST
  • 78-Les bornes de corvée (suite et fin) (F. CORRE)
  • 79-Retour au collège : des quêteurs de mémoire à Diwan
  • 79-Le site de Kervaro
  • 79-Visite du château de Kerjean (juin 2009)
  • 79-Manoirs et moulins de Guissény
  • 80-La maison de la digue
  • 80-Visite à Ploudiry (juillet 2009)
  • 80-Une nouvelle cache souterraine de l’âge du fer à Ranhir
  • 81-Des Guisséniens au Bleun Brug en 1955
  • 81-Codification des usages agricoles : louage des domestiques
  • 81-Tombes dans l’église vers 1685
  • 81-Promenade à Guipavas (septembre 2010)
  • 82-Des Guisséniennes au Folgoët en 1934 (J.F. COUCHOURON
  • 82-Guerres : victimes guisséniennes des guerres napoléoniennes (Y. GAC)
  • 83-Guisséniens à Lourdes en 1947 (J. B. ROUDAUT)
  • 83-Françoise de KERMELLEC (André LE GUEN)
  • 83-RANHIR : Guissény voit un bout du tunnel (J. BUTTET et J.F. COUCHOURON)
  • 83-L’Abbé Roger ABJEAN Roger recteur musicien (Y. GAC)
  • 84-La confrérie des Enfants de Marie (J.F. COUCHOURON)
  • 84-L’excursion à Lourdes (J.F. COUCHOURON)
  • 84-Des Guisséniens,victimes des conflits du XIXè siècle (Y. GAC)
  • 84-Une figure d’aventurier : Jeste Manant (J. SIMIER)
  • 85-Journées du Patrimoine : Louis LE GUENNEC (conférence)
  • 85-Dans le sillage de la Jeanne d’Arc (conférence de J.J. MESSAGER)
  • 85-La langue bretonne
  • 85-CABON Jean : rencontre avec…
  • 85-Abri de goémonier d’Enez-Croas-Hent
  • 85-Pèlerinage à Lourdes
  • 85-Visite de Lesneven (Y. GAC)
  • 86-Kerhornaouen : le Syndicat des eaux (Y. GAC)
  • 86-Certificat de démobilisation de 1940 de Stanislas BERTHOU (J. BERTHOU)
  • 87-Adieu à Mme GAC (Michel VOLKOVITCH)
  • 87-Conférence : domestication des plantes et des animaux (J. GUILLAUME)
  • 87-Tracteurs : les premiers tracteurs à Guissény
  • 87-« Mon pied la route »
  • 87-Vieux métiers : Mathurin MEHEUT
  • 87-LE ROY Jean-Louis : livre
  • 88-Moulin du Couffon (S. LE GALL)
  • 88-Familles de meuniers du Couffon (Y. GAC)
  • 88-Moulin et meuniers de Keraloret (Y. GAC)
  • 88-Une belle génération : photo ancienne (M. BALCON)
  • 88-Baie de Guissény : vue par le guet (R. et J.F. COUCHOURON)
  • 88-Mais où sont les pêches d’antan ? (A. LE COMPTE et J.F. COUCHOURON)
  • 89-Cléder : visite (J.F. COUCHOURON)
  • 89-Morlaix : visite (J.F. COUCHOURON)
  • 89-Le mousse ( de Tristan CORBIERE)
  • 89-Les pêches d’antan (M. ABIVEN)
  • 89-Le sable et la roche(M. TANGUY)
  • 89-Le lavoir d’an ti digue, les puits
  • 90-La côte des Légendes terre d’invasion ? (J. BUTTET)
  • 90-« Pays Pagan » : conférence de Louis Elégoët
  • 90- Des impôts en 1891 à Kériber
  • 91-Promenade aux Abers (20 août 2012)
  • 91-Promenade en Dirinon (5 septrembre 2012)
  • 91-Publications de Spered et fonds documentaire
  • 91-Photos anciennes (école et collège)
  • 91-Poème (Lucien MERER)
  • 91-Généalogie : un ancêtre au destin surprenant (P. BIANEIS)
  • 92-Une cérémonie druidique a Guissény (F. FABRE)
  • 92-Victimes guisséniennes en A.F.N. (Y. GAC)
  • 92-Il y a 150 ans le train arrivait dans le Finistère (J.F. COUCHOURON)
  • 92-Visite à Quimper le 19 juin 2013 (J.F. COUCHOURON)
  • 93-Promenade à la Roche-Maurice Brézal et Trèmaouézan
  • 93-Promenade à la Martyre et Loc Mélar.
  • 93-Visite de l’imprimerie Cloître et de l’exposition Miro à Landerneau
  • 93-La main de mon grand’père (Marcelle DECOME-TANDE)
  • 93-Un naufrage au large de Guissény en 1937 (Y. GAC)
  • 93-Spered et la sauvegarde du patrimoine local
  • 94-La guerre de succession de Bretagne - 1341-1365 (J. BUTTET)
  • 94-Il y a cent ans la Grande Guerre
  • 94-Un poème : "Plates" (Lucien Merer)
  • 95-L’énigme du manoir du Curnic (Y. GAC)
  • 95-La Laurence (J.F. COUCHOURON)
  • 95-Kermaro … vers la dance macabre (J.F. COUCHOURON)
  • 95-Poème : marée de 114 (Lucien MERER)
  • 95-Vieilles factures locales (J.R. GUILLERM)
  • 96-A propos de la Grande Guerre (J. BUTTET)
  • 96-Promenade à Roscoff (J.F. COUCHOURON et A. CHAPEL)
  • 96-Les vieux murs de Guissény (J.F. COUCHOURON)
  • 96-Le bourg de Guissény : hier et aujourd’hui (J.F. COUCHOURON)
  • 97-A la recherche d’un moulin sur l’Alana(n) (J.F. COUCHOURON et Y. GAC)
  • 97-Visite dans les enclos (Lampaul-Guimilau, Guimiliau et Saint-Thégonnec)
  • 97-Visite des serres tropicales du Stangalar (J.F. COUCHOURON)
  • 97-Pain et Far de l’été (Y. ELUSSE)
  • 97-Histoire d’un Dessin (Y. ELUSSE)
  • 98-La guerre de la Ligue en Bretagne (J. BUTTET)
  • 98-La famille de SANZAY à Keriber en Guissény (Y. GAC)
  • 98-Poème d’Illañ KLOAREC
  • 99-La "Tourelle neuve" : un bail de location en 1839 (Y. GAC)
  • 99-Marie-Françoise SALAUN une écolière à Guissény (Y. ELUSSE)
  • 99-Jean Paul ROBIN, un dentiste de l’humanitaire
  • 99-Zoumba (Monaïg ROLLAND)
  • 99-Lucien MERER, pianiste compositeur et poète (P. PERNUID et J. BUTTET)
  • 100-Numéro spécial : Un siècle d’agriculture à Guissény (J.F. COUCHOURON)
  • 100-L’agriculture du Pays Pagan de 1914 à 1950 (Y. GAC)
  • 100-L’évolution de l’agriculture à Guissény (M.T. LETTY J.B. ROUDAUT et J. LE MENN)
  • 100-Balades à pied et découverte du patrimoine de Guissény (Y. ELUSSE)
  • 100bis- Index des bulletins de 1 à 100
  • 101-100 ans de robe de baptême en Léon (M. COUCHOURON)
  • 101-Les relevailles (A.GUILLOU)
  • 101-Kroas-Mil-Guern
  • 101-Promenade à la vallée des Saints
  • 101-Restauration de l’abri
  • 101-Un été pourri
  • 101-Un voyage chez Paganiz (F. MENEZ ? La Dépêche)
  • 102-Objets d’autrefois (Y. ELUSSE)
  • 102-Notre trésor documentaire
  • 102-Patrimoine et sentiers (Y. ELUSSE et C. BITTARD)
  • 102-Fragan et saint Guénolé à Croas-Mil-Horn
  • 103-Souvenirs de guerre (1939-1940) de Guy ESTEVENON
  • 103-Souvenirs de captivité (1939-1945) de Jean Pierre BRANELLEC
  • 103-Ligne de sang (Marc ELUSSE)
  • 103-une bonne assurance en 1926 (J.R. GUILLERM)
  • 104-Souvenirs d’un instituteur public à Guissény ( Guy ESTEVENON )
  • 104-Les Allemands bloquent le bourg le 22 avril 1944
  • 104-Le recteur LESPAGNOLl et la Résistance (Saïk BROCH « Florette »)
  • 104-L’arrestation de Résistants le 9 juillet 1944
  • 104-Les fêtes de famille
  • 105-Conférence sur la culture du lin
  • 105-La culture du lin à Guissény (Y. GAC)
  • 105-L’importance de la prairie (H. MORVAN)
  • 105-L’habitat au Curnic (J. F. COUCHOURON)
  • 105-Costumes et tradition : la Communion solennelle
  • 105-Sorties de l’été 2016 : la vallée de La Flèche (F. CORRE)
  • 105-Petite randonnée au bord de La Flèche (J. BUTTET/ Y. ELUSSE)
  • 106-Cinémigration (Y. Elusse)
  • 106-Repères de nivellement (Y. Elusse)
  • 106-Débroussaillage d’été
  • 106-2 Guisséniens morts en 1916 et enterrés à Douaumont
  • 106-Réquisition allemande en 1943
  • 106-Poème : La mer (Mme de Tarragon)
  • 107-Hommage à notre Présidente d’Honneur : décès d’Yvonne MOAL
  • 107-Le camp de Conlie en 1870 (J. BUTTET)
  • 107-Armand Rousseau et le camp de Conlie (Y. GAC)
  • 107-Témoignages complémentaires sur le camp de Conlie (J. BUTTET)
  • 107-Faire quelque chose (Y. ELUSSE)
  • 108-La croix du Curnic et la famille PILVEN (F. CORRE et Y. GAC)
  • 109-Hommage à Antoine GUILLERM
  • 109-La digue du Curnic : « Journée de la Digue » (coordonné par J.F. COUCHOURON et P. PERNUID) un projet audacieux
  • 109-La route du Curnic au bourg
  • 109-Le polder de Guissény
  • 109-Les balades de l’été : découverte du patrimoine de Guissény (J. BUTTET et Y. ELUSSE)
  • 110-Théodore PILVEN LE SEVELLEC – suite (F. CORRE – Y. GAC)
  • 110-Souvenirs de la révolution de 1848 (Th. PILVEN LE SEVELLEC)
  • 110-Guissény 5 rue du Chanoine RANNOU (Y. ELUSSE)
  • 110-Proverbes bretons (Mme de TARRAGON)
  • 111-Les plaques de rues de places… de Guissény (Y. ELUSSE)
  • 111-La lampe de sanctuaire de Brendaouez (M. COUCHOURON)
  • 112- Numéro spécial : Guissény maritime
  • 112- Le site maritime du Curnic (J. BUTTET)
  • 112- Reconstitution du paysage maritime (J. BUTTET)
  • 112- Activités de loisirs nautiques (J. BUTTET et P. PERNUID)
  • 112- Retrouvailles des anciens du C.N.G. (J. BUTTET)
  • 112- Stagiaires allemands au centre nautique (I. COCHARD)
  • 112- La fin de l’activité goémonière (J.F. COUCHOURON)
  • 112- La S.N.S.M. (Y. ELUSSE)
  • 112- L’aménagement du port du Curnic (Y. GAC)
  • 112- L’organisation du mouillage (J.F. COUCHOURON)
  • 113- Numéro spécial : bilan de la 1re Guerre Mondiale (Y. GAC, V. GALL, J.F. COUCHOURON)