info document - JPEG - 40.4 ko

Historique de l’école des filles Sainte-Jeanne-d’Arc à partir des archives de la Congrégation de Saint-Méen-Le-Grand qui a créé cette école à Guissény à la demande du Recteur en 1854.

Avant 1854, la paroisse de Guissény n’avait pas d’école pour les filles. Les familles aisées envoyaient leurs enfants comme pensionnaires ou comme externes dans les paroisses voisines. Les pauvres n’avaient pas d’autre éducation que celle de la maison paternelle. Il y avait beaucoup d’illettrés à Guissény et bon nombre de malades restaient sans soins.

En 1854, sur la demande de Monsieur Gourhant, recteur de la paroisse, sœur Ste Marie et sœur Ste Eugénie arrivèrent à Guissény pour aménager la maison qu’on leur destinait. C’était l’ancien presbytère qui a été laïcisé en 1906 et qui existe aujourd’hui sous le nom de « ar Gouenn Koz ».

En 1855, sœur St Lucien fut envoyée à Guissény. Elle y mourut en 1889 après 34 années de dévouement à la gloire de dieu et au bien du prochain. Le nombre des élèves augmentant rapidement, on dut, en 1856, ouvrir une nouvelle classe. En face de la communauté se trouvait une chaumière à 5 petites ouvertures sans vitres. C’est là que fut installée la nouvelle classe qui comptait 60 à 70 fillettes.

Outre le soin de sa classe, sœur St Marie visitait les malades à pied et à cheval sans craindre ni le vent, ni la pluie, ni la glace, ni même les mares d’eau si fréquentes alors dans le pays. Sœur Ste Victoire était pharmacienne, elle faisait des cures merveilleuses, mais il lui arrivait parfois des aventures. Un soir d’hiver, elle quitta le bourg à 4 heures, à cheval, pour aller visiter un malade. Elle s’égara et, pendant 3 heures, parcourut Curnic et la grève. Elle ne put rentrer qu’à 9 h du soir.

Sœur Marie Arsène vint à Guissény en 1875 pour aider sœur Ste Victoire et la remplacer quand elle était appelée auprès des malades. Sœur Ste Victoire était d’un dévouement sans limites. Rien ne l’arrêtait : ni la fatigue, ni le danger de contagion quand il s’agissait de prodiguer des soins aux malades pauvres. C’est ainsi qu’en 1894, elle soigna une pauvre femme délaissée de tous, atteinte de fièvre typhoïde.

En 1890, grand deuil à l’Ecole de Guissény… deuil causé par la mort du vénérable Monsieur Gourhant, recteur de la paroisse et fondateur de l’école à laquelle il s’est dévoué pendant 37 ans.Il aimait visiter son école et savait encourager la bonne volonté des élèves. Il fut regretté de tous.

On dut faire appel à deux nouvelles religieuses : sœur St Thomas et sœur Marie Bernard furent envoyées à Guissény. Elles faisaient la classe et soignaient les malades. Le local devenant insuffisant, on agrandit l’école, mais les ressources firent défaut pour la meubler. En guise de bancs on installa des planches sur des mottes de gazon et quelques vieilles portes tinrent lieu de tables.

Elles furent reçues avec une grand cordialité. Tous s’empressaient de fournir, chacun selon ses moyens, les objets nécessaires à l’aménagement. Elles trouvèrent une armoire remplie d’ustensiles de cuisine… de linge… de couvertures… Le tout était offert spontanément par les bons habitants du pays.

A l’époque de la laïcisation en 1906, toutes les soeurs quittèrent Guissény sauf sœur Marie de St Pierre et sœur Ste Sophie qui n’occupèrent que quelques pièces de l’ancien presbytère. Elles continuèrent à faire classe aux fillettes qui n’avaient pas quitté la paroisse. Les habitants du pays étaient très bons pour elles et leur apportaient chaque semaine : pain, viande, lait.

En août 1907, les deux soeurs quittèrent Guissény : sœur Marie de St Pierre pour Plouescat et sœur Ste Sophie pour la Chapelle-du-Lou. La paroisse resta sans école chrétienne. Dès la fin de l’année 1908, Monsieur l’Abbé Marzin, recteur de la paroisse, fit construire un vaste bâtiment comprenant, outre la maison principale, trois classes et un grand dortoir.

Monseigneur Duparc bénit la nouvelle école en mai 109. Dès le mois de septembre de la même année, les classes purent s’ouvrir sous la direction de sœur Stéphanie qui eut pour adjointes sœur Marie de St Pierre, sœur Marie Herveline et Melle Cam. Cette dernière entra, à la fin de l’année, au noviciat de Saint-Méen et revint comme Supérieure à Guissény quelques années plus tard.

Juin 1933 - Quête dans la paroisse en vue de l’agrandissement de l’école. Courageusement, les religieuses parcourent la campagne. En très peu de temps, les nouvelles constructions sortirent de terre. Dès les premiers jours de février 1934, on put bénir un nouveau réfectoire, une classe et deux nouvelles chambres.

Octobre 1948 - Le cours ménager agricole ayant doublé son effectif, et les petits de la section enfantine étant trop à l’étroit, on envisage la construction d’un nouveau bâtiment. Ce sera l’œuvre de notre dévoué recteur, monsieur Calvez qui parcourut la paroisse sollicitant le dévouement et le concours de tous.

Dès le mois de mai 1949, les constructions sont terminées et Monseigneur Fauvel, lors de sa tournée de confirmation, bénit les nouveaux locaux qui comprennent, au premier étage, deux nouvelles salles réservées aux jeunes filles du cours ménager agricole ; et, au rez-de-chaussée, une salle claire et spacieuse destinée aux tout-petits.

Actuellement l’école compte cinq classes primaires… une section enfantine… et une section ménagère dont les cours s’échelonnent sur trois années d’étude et de travail pratique préparant nos adolescentes aux tâches et aux responsabilités de demain.

(à suivre…)

Fascicule consultable au local de Spered (le samedi de 14h30 à 16h30), à Ti an Oll, à Guissény.