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Penmarch

Histoire du château de Penmarc’h, en Saint-Frégant (trève de Guissény jusqu’à la Révolution) et des seigneurs, barons de Penmarc’h, devenu un moment collège au XIXe siècle, puis aérium pour les petits brestois malades au XXe siècle.

Le château de PENMARC’H, dans la commune de Saint-Frégant, se trouve à proximité de l’intersection des routes de Lesneven à Plouguerneau d’un côté et de Brest à Guissény, par Plouvien et Loc-Brévalaire, de l’autre côté.

L. FARCY le présente en 1930 : "son donjon carré au toit d’ardoises, orné de deux girouettes, émerge fièrement de la verdure environnante (ou du moins de ce que la ville de Brest a pu heureusement arracher à la cognée des vandales modernes). C’est le château de Penmarc’h, berceau et, pendant plusieurs siècles, résidence d’une noble famille alliée aux plus grands noms de Bretagne et qui, abandonné et tombé en quasi déshérence, semblait voué comme nombre de ses voisins (Carman, par exemple, tout proche), à la ruine et à la démolition, lorsqu’une intelligente initiative le fit acheter par la Ville de Brest pour servir d’abri aux enfants dont les poitrines délicates ne peuvent supporter l’air vif de Porspoder". Et désormais "les petits enfants pauvres de Brest qui ne vont pas à la mer iront pendant les vacances se reposer et se fortifier sous les grands arbres séculaires de l’antique demeure des Seigneurs de PENMARC’H".

Louis LE GUENNEC en fait, à la même époque, la présentation suivante : "Penmarc’h est formé de deux corps de logis réunis en équerre, avec une porte gothique au-dessus de laquelle se lit le millésime 1540 inscrit en chiffres arabes, ce qui, à cette date, constitue en Bretagne une insigne rareté. La ligne des toits est coupée de riches lucarnes sculptées à pignons garnis de crochets et amortis par un fleuron. Derrière, un pavillon carré flanqué d’une tourelle à cul-de-lampe domine l’édifice de ses flèches aiguës et contient un monumental escalier de granit. A l’extrémité de l’aile gauche se trouve la chapelle, dédiée jadis à Saint Antoine, dont le bel autel de pierre a été barbarement jeté dehors. En face, appuyée à une construction carrée, se dresse une tour ronde à mâchicoulis, coiffée d’un toit en poivrière que termine un campanile. Cette tour, qui défendait autrefois un portail extérieur disparu, contient une curieuse cheminée Renaissance".

Le château est mis à sac lors des Guerres de la Ligue en 1594. Puis en 1715, il subit un incendie qui détruit le grand corps de logis ainsi que le pavillon et l’une des ailes. Le châtelain peut restaurer une grande partie sans modifier l’architecture primitive, lui donnant son allure d’aujourd’hui.

En 1745, une déclaration fournit la liste des proches dépendances du château : "le manoir et château de Penmarc’h en la trève de Saint-Frégant, chapelle, cour et arrière-cour closes, jardins, vergers, aire, écurie et autres logements couvertes de bleds, maison à four couverte d’ardoises, le tout cerné de hautes murailles"…

La mort du dernier seigneur de PENMARC’H en 1804 entraîne la dispersion des biens de la famille dans les années suivantes : Monsieur de Crésolles qui avait déjà hérité du manoir de Lesguern, également à Saint-Frégant, devient le nouveau propriétaire du château et de ses dépendances. Comme il n’a pas l’intention de l’occuper, il le loue à l’abbé Le Poulzot qui y installe une institution scolaire entre 1811 et 1817. Par la suite, Monsieur de Crésolles prend l’habitude d’y résider à la belle saison.

Le Chevalier de Fréminville, qui visite le château au cours de son voyage dans le Finistère en 1832, le décrit comme un édifice bien conservé, avec deux ailes et à l’extrémité de l’aile droite, une tour ronde. L’aile droite qui manque aujourd’hui existait donc bien à cette époque. « Je m’arrêtai à Lesneven, et le lendemain matin je fus voir à une lieue de cette ville le beau château de Penmarc’h. Cet édifice, entièrement gothique et bien conservé, consiste en un corps-de-logis avec deux ailes,percés de nombreuses fenêtres décorées selon le goût du quatorzième siècle ainsi que la grande porte d’entrée. Derrière le corps-de-logis principal est un pavillon carré auquel est adossé une tourelle ronde qui surmonte tout l’édifice. Cette tourelle servait à placer la guaître ou sentinelle du château.

A l’extrémité de l’aile droite est une forte tour ronde ayant une galerie crénelée et des machicoulis : cette tour est recouverte d’un toit surmonté d’un béfroi. La famille de Penmarc’h est ancienne et a produit plusieurs chevaliers de distinction ; elle avait pour devise ces mots bretons Prest Ve, il est à propos ».

En 1876, le château passe dans la famille de Montarby et le général de Montarby y fait d’importantes réparations.

C’est en 1922 que le château est acquis par la ville de Brest pour en faire une école de plein air pour les petits brestois maladifs.

Soixante-dix ans plus tard, en 1992, le château est revendu par la ville de Brest et redevient propriété privée. Le nouveau propriétaire a l’intention d’entreprendre la restauration de l’édifice et de le rouvrir aux visiteurs dans quelques années.

(à suivre…)

Fascicule consultable au local de Spered (le samedi de 14h30 à 16h30), à Ti an Oll, à Guissény.